Serge Hoareau : "Pour moi, le foncier c'est la clé"

Alors que le Schéma d'Aménagement Régional (SAR) va être révisé et que la loi "Climat et Résilience" pose des engagements, notamment l'élaboration locale d'une charte zéro artificialisation nette (ZAN), la consommation de l'espace représente un enjeux majeur d'autant plus quand il est limité.
Sur un territoire de 2.512 km2, des tensions peuvent survenir sur la gestion partagée du foncier. Selon le recensement agricole 2020, les surfaces agricoles ont baissé de 10 % en l'espace de 10 ans. "Ce qui marque quand vous arrivez à Petite- Île, ce sont tous ces paysages façonnés par le monde agricole et on ne peut être qu'attaché à cette identité rurale", livre Serge Hoareau. Pour la préserver, le maire entend "figer dans le marbre le foncier agricole, l'outil de travail de nos agriculteurs". Engagé avec le Département dont il est le vice-président en charge des affaires agricoles, européennes et institutionnelles, Serge Hoarau a travaillé à la mise en place d'un périmètre de protection des espaces agricoles et naturel (PAEN).
Un "maire bâtisseur"
Alors que l'avis conforme de la commission de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers (CDPENAF) fait débat, Serge Hoareau plaide pour un avis simple. "Il faut que la Chambre d'Agriculture soit cohérente. On ne peut mettre un avis réservé sur le PAEN de Petite-Île et se plaindre qu'on perd du foncier à La Réunion par exemple". Sur la question, l'édile reconnait être sur "un point de désaccord mesuré". Pour protéger les terres agricoles, Serge Hoareau mise davantage la zone agricole protégée (ZAP) à l'initiative des maires, le PAEN à l'initiative du Département mais aussi le SAR, les schémas de cohérence territorial, les plans locaux d'urbanisme, cite-t-il encore. "Il faut bien que la Chambre comprenne que ce sont ces outils qui vont préserver le foncier agricole. Parce que l'avis de la CDPAF peut être battue en brèche".
Serge Hoareau se voit aussi en "maire bâtisseur". Petite-Île, comme toute les communes de plus de 3.500 habitants, doit répondre aux besoins de logements sociaux. "Pour moi, le foncier c'est la clé. C'est ce qui va nous permettre de porter des projets d'aménagements dans un périmètre très contraint". Pour concilier les différents enjeux, Serge Hoareau veut densifier son tissu urbain. En 2021, un arrété de carence avait été pris par le préfet. "Nous avons réalisé entre 2016 et 2023 autant de logements aidés que ce qui existait quand on est arrivé", souligne le maire. "D'ailleurs, depuis que l'Etat a récupéré le droit de préemption, l'Etat n'a rien préempté parce que ce n'est pas facile de trouver 100m2 ou 200m2 à Petite- Île parce que nous sommes dans un village".


