Sécheresse : Vol d'eau à Sainte-Marie, la Cise dépose plainte à la gendarmerie

Constatant une baisse suspecte dans trois de ses réservoirs, la Cise a envoyé une équipe à Beaumont-les-Hauts pour inspecter les lieux. Trois branchements sauvages ont été repérés et une plainte pour vol d'eau potable a été déposée à la gendarmerie.
Les récentes averses n'ont pas modifié la donne : La Réunion fait toujours face à une terrible sécheresse et la crise ne devrait pas s'estomper avant plusieurs semaines. Placée au niveau d'alerte maximale par la préfecture, la commune de Sainte-Marie est durement frappée : trois de ses quatre captages, censés fournir les plus gros débits, sont actuellement à sec, tandis qu'un filet d'eau coule encore dans le quatrième, un bras de rivière à l'importance secondaire.
Les habitants des bas sont, pour leur part, alimentés par les sept forages en nappe phréatique du territoire. D'ici à deux ans, la situation pourrait être régulée grâce aux travaux engagés avec la Cinor, mais d'ici là, les coupures d'eau au robinet pèseront encore comme une menace durant la désormais révolue saison des pluies.
C'est dans ce contexte de sécheresse, et de tension sociétale qui l'accompagne, que les techniciens de la Cise ont découvert lundi trois branchements sauvages dans le secteur de Beaumont-les-Hauts, après une investigation minutieuse autour de trois réservoirs situés le long de la route menant au piton Fougère.
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« On a identifié trois fuites dans les hauts de Sainte-Marie. Actuellement, on est en situation très délicate, donc on surveille de manière très, très proche le niveau de nos réservoirs et le débit de distribution », restitue un cadre de la Cise joint par Zinfos974.
« Trois piquages sauvages qui consommaient gros »
« Aujourd'hui à Sainte-Marie, c'est de l'eau de pompage qu'on ramène péniblement à 100 mètres d'altitude avec des pompes pour alimenter les familles. On a constaté ce lundi que les réservoirs étaient en train de descendre, j'ai envoyé immédiatement mes équipes sur place. D'abord, ils n'ont rien trouvé d'anormal. Ensuite, ils sont partis sur les recoins et là, ils ont découvert trois piquages sauvages qui consommaient gros », poursuit notre interlocuteur.
Selon la Cise, le préjudice est important, suffisamment pour déposer une plainte à la gendarmerie. Si les ponctions illégales sur le réseau d'eau potable sont encore courantes dans les hauts de l'île, et rarement sanctionnées de poursuites judiciaires, les trois branchements découverts relèveraient d'un dispositif beaucoup moins artisanal.
« Ce n'est pas un simple vol d'eau », affirme le cadre de la Cise, en témoignant de la « hantise » de ses équipes à l'idée d'être contraintes de priver certains quartiers de Sainte-Marie d'un accès à l'eau. Les mouvements récents de mécontentement d'une partie de la population à Saint-André sont dans tous les esprits. « Pour le premier branchement pirate, c'était assez simple, ils avaient ouvert un regard et démonté une ventouse pour se brancher. Mais les deux autres piquages étaient très bien cachés et très bien faits ».
Selon notre interlocuteur, ce détournement de l'eau potable aurait pu avoir des conséquences importantes, sans la vigilance de ses équipes. « Il y a 16.000 foyers abonnés à Sainte-Marie. Un branchement pirate peut priver des milliers d'abonnés en temps de pénurie. D'abord, c'est du vol d'eau potable, mais en plus, ils enfreignent l'arrêté préfectoral de restriction d'usage de l'eau », souligne ce cadre de la Cise, qui espère que la procureure de la République se saisira des faits.


