Sans l'aide du Département, la bouteille de gaz passera à 18 euros au 1er janvier

La Région Réunion a réagi avec fermeté à la décision du Département de se retirer de l'accord sur le prix de la bouteille de gaz.
Lors d'un point presse tenu ce vendredi, la présidente de la collectivité régionale, Huguette Bello, accompagnée de plusieurs élus, a annoncé le maintien de l'apport financier de 3 euros par la Région.
Lire aussi : Gel du prix du gaz : le Département arrête sa contribution pour se recentrer sur son public social
En raison de la décision du Département, le prix de la bouteille de gaz passera de 15 euros à 18 euros à compter du 1er janvier, note la présidente de la Pyramide inversée. Huguette Bello a souligné que sans cet effort financier de la Région, le tarif aurait grimpé à 21 euros.
Regrettant avoir appris la décision du Département "par voie de presse" le 19 décembre dernier, Huguette Bello avait envoyé un courrier à Cyrille Melchior afin de connaître la position officielle du Département à ce sujet, incitant la collectivité à reconduire son aide.
Réponse de Cyrille Melchior : "Comme j'avais déjà eu l'occasion de vous le signaler à l'occasion de notre entretien du 5 mars dernier, le Conseil départemental n'a pas la vocation ni la capacité à poursuivre sans limites de temps son soutien à ce dispositif régional exceptionnel (...) Je vous avais en effet clairement indiqué la nécessité, dans le contexte actuel, d'orienter nos aides vers le pouvoir d'achat des publics les plus vulnérables (...) Également, je vous avais alerté sur l'importance de disposer de davantage de transparence sur la formation des prix et des marges en contrepartie de tout subventionnement public, ce qui là non plus n'est pas permis par le dispositif de la Région (...) Ce sont les raisons pour lesquelles, lors de notre entretien du mois dernier, je vous avais indiqué que le Département mettrait fin à son aide au dispositif régional au terme du second semestre 2024 (...)."
"Est-ce qu’on a oublié d’où on vient ?"
Entourée de plusieurs élus régionaux, Huguette Bello n’a pas mâché ses mots à l’encontre du Département et de son président. Elle a vivement critiqué ce qu’elle considère comme un abandon des Réunionnais les plus précaires.
"Dans le contexte de précarité à La Réunion, le retrait du Département est une turbulence de plus qui se rajoute aux difficultés des habitants. Nous avons 230.000 personnes aux minima sociaux, et beaucoup peinent à joindre les deux bouts. Est-ce qu’on a oublié d’où on vient ? ", s’est-elle interrogée.
La présidente a également dénoncé un manque de concertation, rappelant que ce dispositif, initialement partagé entre les deux collectivités, avait pour objectif d’atténuer l’impact du coût de la vie. " Le Département qualifie aujourd’hui ce dispositif de 'régional', mais il s’agit bien d’un effort commun qui a été valorisé comme tel dans les médias publics."
Lire aussi : Melchior veut ajouter la bouteille de gaz à la liste des produits du chèque Capah
Patrick Lebreton dénonce une rupture de solidarité
Patrick Lebreton, premier vice-président de la Région en charge des finances, a également pris la parole pour dénoncer ce qu’il appelle un "jeu en solo " de la part du Département. Il a rappelé les origines de ce dispositif, instauré il y a trois ans : "À l’époque, les deux collectivités avaient convenu de partager les coûts, chacune apportant 3 euros pour un total de 6 euros d’aide par bouteille. Cette solidarité était essentielle pour maintenir un prix accessible aux Réunionnais."
Le retrait du Département laisse la Région seule face à cet enjeu, une situation qualifiée de "fort dommageable" par Patrick Lebreton. Il a également appelé Cyrille Melchior à reconsidérer sa position et à participer à une table ronde avec la SRPP et la Région pour trouver une solution durable.
En dépit du retrait départemental, la Région a choisi de maintenir son effort financier de 3 euros par bouteille, limitant ainsi le prix à 18 euros au lieu de 21 euros. Huguette Bello a conclu en réaffirmant l’engagement de la collectivité envers les Réunionnais : "Nous assumons notre rôle, même si ce n’est pas notre compétence première. La solidarité doit prévaloir, surtout en ces temps difficiles."


