"Sales connes" : l’UFR accuse Brigitte Macron de "mépris" envers les féministes

L’Union des femmes réunionnaises (UFR) réagit vivement aux propos de Brigitte Macron. Sur des images relayées sur les réseaux sociaux, la Première dame aurait qualifié de "sales connes" les militantes féministes de #NousToutes ayant interrompu samedi la représentation d'un spectacle d'Ary Abittan, avant d’ajouter qu’il s’agissait de "bandits masqués".
Dans un communiqué, l’organisation féministe réunionnaise dénonce "un mépris sidérant" et un "décalage avec la réalité des combats que mènent les femmes tous les jours pour être libres, égales et respectées". Pour l’UFR, les propos attribués à Brigitte Macron renvoient à "une vision du féminisme digne d’un autre siècle où l’on préférait insulter et museler les femmes".
Lire aussi : Après l’action de #NousToutes au spectacle d'Ary Abittan, une vidéo de Brigitte Macron suscite des réactions
L’association rappelle également le rôle symbolique de la Première dame, censée incarner "la dignité de la République". À ce titre, elle juge "inadmissible et insupportable" qu’une figure occupant cette fonction "ose une telle vulgarité et attaque". Selon l’UFR, insulter des féministes revient à "insulter celles qui se battent pour que les femmes ne soient plus discriminées, agressées et méprisées".
"Une posture réactionnaire"
L’organisation souligne qu’aucune épouse de président de la Ve République ne s’était jusqu’ici exprimée avec une telle crudité, estimant que cette sortie "fait honte à la place qu’elle occupe". Elle y voit le signe "d’une posture de salon, réactionnaire, qui crache d’en haut sur le féminisme".
Le communiqué se termine sur une interpellation directe du couple présidentiel : "Si insulter les militantes est la seule réponse de la Première dame face à la persistance du sexisme et à l’aspiration des femmes à l’égalité et au respect, alors il nous faut dégager Macron et sa Première dame", affirme l’UFR, plaçant cette affaire sur le terrain politique.
Cette réaction intervient dans un climat déjà tendu autour des spectacles d’Ary Abittan, régulièrement ciblés depuis plusieurs mois par des actions militantes malgré le non-lieu dont l’humoriste a bénéficié dans une affaire de viol classée après trois ans d’enquête.


