Sainte-Marie : un débat budgétaire sous le signe de la transformation et du rattrapage d’investissement

Derrière des finances assainies, Sainte-Marie lance un cycle budgétaire ambitieux centré sur le rattrapage et la transformation du territoire.
Le conseil municipal de Sainte-Marie s’est réuni jeudi 9 avril pour débattre des orientations budgétaires 2026-2032, première étape financière de la mandature portée par la maire Céline Sitouze. Dans un contexte présenté comme celui d’une consolidation des finances locales, la commune affiche une ambition de transformation du territoire, avec 68 millions d'investissements programmés sur la mandature, tout en s’appuyant sur une situation budgétaire assainie et sur un levier jugé déterminant : le soutien de la CINOR.
Une situation financière assainie mais un patrimoine à rattraper
La municipalité inscrit ce débat d’orientations budgétaires dans la continuité du mandat 2021-2025, marqué par une baisse significative de l’endettement et une restauration de l’épargne brute. Toutefois, elle pointe également un investissement jugé insuffisant dans le renouvellement du patrimoine communal, notamment sur les écoles, les équipements sportifs et la voirie.
Cette situation est décrite comme une forme de "dette grise", liée au vieillissement des infrastructures, qui impose aujourd’hui un effort de rattrapage important. Malgré ce constat, la commune estime disposer de marges de manœuvre financières solides pour engager un programme d’investissement structurant, sous réserve d’une gestion rigoureuse et du lancement d’un audit financier et organisationnel en début de mandat.
Une trajectoire financière 2021-2025 marquée par la maîtrise de la dette
Sur le plan budgétaire, la commune met en avant une évolution jugée favorable sur la période 2021-2025. Les recettes de fonctionnement ont progressé en moyenne de 3,4 % par an, tandis que les dépenses sont restées globalement stables malgré l’inflation, avec une légère baisse de 0,7 % par an.
L’encours de dette a, lui, fortement reculé, passant de 43,5 millions d’euros à 23 millions d’euros en quatre ans, soit une diminution de près de 47 %, sans recours à un nouvel emprunt. La capacité de désendettement est désormais estimée à 1,4 an, tandis que l’excédent de fonctionnement cumulé atteint 25,5 millions d’euros. La municipalité estime ainsi disposer d’une base financière solide pour engager un nouveau cycle d’investissements.
Le rapport d’orientations budgétaires 2026-2032 décline l’action municipale en sept grands axes, avec pour objectif affiché de transformer Sainte-Marie en une ville "plus inclusive, sûre et économiquement rayonnante".
La cantine à 1 euro dès la rentrée de septembre
L’ensemble du programme est estimé à près de 68 millions d’euros sur six ans, via des cofinancements de la CINOR, de la Région, de l’État et de l’Union européenne. La municipalité assure que la trajectoire financière permet d’absorber progressivement ces investissements, avec une montée en charge maîtrisée dès 2026 et une capacité d’autofinancement jugée confortable.
Dans le détail, l’éducation concentre une part importante des efforts. La commune prévoit entre 12 et 15 millions d’euros pour la rénovation des écoles, avec une montée en gamme des équipements et du périscolaire. À cela s’ajoute la mise en place progressive d’une cantine à 1 euro dès 2026, ainsi qu’un effort sur la qualité de la restauration scolaire et les circuits courts.
Autre axe fort : la sécurité et la tranquillité publique. Le plan prévoit six recrutements supplémentaires pour la police municipale, le renforcement des patrouilles nocturnes, la modernisation de l’éclairage public via les LED et un déploiement progressif de la vidéoprotection (une soixantaine estimée à date) et de caméras nomades (une dizaine estimée) ainsi que la réhabilitation des cheminements piétons.
Sur le plan économique, la maire Céline Sitouze et son équipe entendent capitaliser sur les infrastructures stratégiques de la commune, notamment l’aéroport et les zones d’activité, pour soutenir l’emploi local et renforcer son attractivité économique. Le plan prévoit également la structuration d’un guichet unique pour les entreprises, le soutien au développement agricole via la création de retenues collinaires et un programme de revitalisation du centre-ville ainsi que la construction d’une halle couverte sur le marché forain.
Désenclavement : quatre ouvrages d’art programmés
Le quatrième axe du programme concerne le cadre de vie et l’environnement. Il comprend des actions sur la propreté urbaine, la création de 8 à 10 aires de jeux dans les quartiers et jusqu'à 15 dans les écoles communales, la gestion des risques d’inondation avec un projet d'endiguement de la Rivière des Pluies, la rénovation des équipements de quartier, ou encore la construction d’un nouveau cimetière municipal face à la saturation des cimetières de la Rivière des Pluies et du centre-ville. Afin de sécuriser les déplacements lors des épisodes pluvieux, la commune prévoit, avec l'aide de ses partenaires institutionnels, la réalisation de quatre ouvrages : deux ponts principaux au Terrain Elisa et à la Ravine Coco, en remplacement de radiers submersibles, ainsi que deux ouvrages secondaires à la Ravine des Chèvres Hauts et à l’Espérance les Bas.
Déchets : vers une alternative à l’ISDU
Sur la thématique déchets, bien que cette gestion relève de la CINOR (collecte) et du SYDNE (traitement), la commune entend peser politiquement pour faire évoluer le modèle actuel afin de trouver une alternative à l'implantation du projet d'ISDU à Beaufond. Elle souhaite notamment obtenir une révision du PRPGD régional vers un objectif zéro enfouissement, ainsi que la modernisation de l’usine CSR Inovest pour une véritable valorisation énergétique. Le programme prévoit aussi la renégociation des contrats avec les opérateurs, dont Suez, avec des clauses de résultat, ainsi que le développement du tri à la source et du compostage de proximité sur le territoire.
La liaison Beauséjour – Bois Rouge – La Mare au cœur des projets de mobilité
Le cinquième axe du projet municipal est consacré aux mobilités et aux infrastructures, avec un objectif central : désenclaver durablement le territoire tout en modernisant les déplacements du quotidien. Parmi les priorités affichées figure le projet de nouvelle liaison routière Beauséjour – Bois Rouge – La Mare, en deux voies à double sens. La commune entend exercer un portage politique fort afin de garantir son inscription en priorité dans le CPER (Contrat de plan État-Région) et dans le schéma routier de la CINOR. Autre projet majeur : le développement d’un téléphérique urbain, pensé comme une solution de transport complémentaire pour fluidifier les déplacements sur le territoire. Le programme prévoit également un renforcement des mobilités douces, avec le déploiement de pistes cyclables, de stations vélo libre-service et de services de réparation ou d’auto-réparation.
La commune entend également peser sur l’évolution de l’offre de transports publics, même si ces compétences relèvent de la CINOR et de la Région. Plusieurs objectifs sont affichés : connexion de la gare de Sainte-Marie au réseau Run Express, l'amélioration de la fréquence des bus du réseau Citalis, le renforcement de la desserte sur le territoire communal, sans oublier la gratuité des transports pour les enfants.
Le sixième axe porte sur la culture, le sport et la solidarité, avec un renforcement du soutien aux associations, la création et la rénovation d’équipements de proximité, ainsi que la mise en place d’une maison de la femme destinée à l’accompagnement et à l’accueil des publics concernés.
Enfin, le septième axe vise la modernisation de l’action publique, avec le lancement d’audits financiers et organisationnels, la révision du plan local d’urbanisme, la modernisation des outils numériques et la mise en place de nouveaux dispositifs de démocratie locale.
Budget 2026 : premier test de la nouvelle mandature
Le budget primitif 2026, attendu avant la fin du mois d’avril, constituera la première traduction concrète de ces orientations. "Ces orientations sont présentées sous réserve des conclusions des audits financier, organisationnel et patrimonial programmés au premier semestre 2026. Les résultats de ces analyses pourraient conduire à infléchir certaines priorités, à réviser les estimations d'impact budgétaire ou à adapter le calendrier de déploiement des mesures", conclut Céline Sitouze.
Sous réserve des conclusions des audits annoncés, la commune affirme disposer des bases financières nécessaires pour engager une transformation durable de Sainte-Marie sur la durée du mandat 2026-2032.


