Sainte-Marie : « Le forcené de la route » sous les verrous

Il a semé la panique sur les routes de Sainte-Marie, dans la nuit du 20 au 21 septembre. Xavier B. reste en prison jusqu’à son procès, le 3 novembre prochain.
Dans la nuit de samedi à dimanche, les gendarmes de la compagnie de Saint-Benoît procèdent à un contrôle de routine au rond-point de l’aéroport Roland Garros. Un camion Iveco est en vue. Les militaires lui font signe de s’arrêter. L’homme derrière le volant en a cure. Il faut dire qu’il conduit le véhicule de son employeur sans avoir de permis. Comme il force le passage, les gendarmes lui barrent la route au moyen d’une herse. Ses pneus sont crevés. Mais, au lieu d’abandonner la partie, Xavier B. continue de s’enfuir.
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Le chauffard de l’extrême prend la direction de Beauséjour avec, à ses trousses, un véhicule de gendarmerie. Deux tons hurlants et gyrophare en action, les militaires cherchent à l’intercepter. Cramponné à son volant, le fuyard semble prêt à tout. Il prend des ronds-points en sens inverse, il franchit des stops à vive allure et il fait des embardées de gauche à droite de la chaussée. Il pousse même le vice jusqu’à rouler à contresens sur la RN2 pendant près d’1,5 kilomètre, échappant à la catastrophe grâce aux réflexes des autres usagers qui parviennent à éviter toute collision. Clairement, il a mis en danger la vie de plusieurs automobilistes et passagers qui ont croisé sa route cette nuit-là.
A tombeau ouvert pendant 32 minutes
Quand il comprend qu’il est acculé par les véhicules de gendarmerie, il n’hésite pas à entreprendre une violente marche arrière. La fuite en avant de Xavier B. touche à sa fin dans le quartier de La Réserve. Il abandonne son véhicule pour prendre ses jambes à son cou. Moins rapide en courant que quand il a le pied au plancher, il est vite rattrapé et interpellé. La scène de la course poursuite s’est étirée sur 32 minutes. Ce qui est monstrueusement long dans ces circonstances là.
Comme Xavier B. a demandé un délai pour préparer sa défense, le président Molié ne s’appesantit pas sur le détail de ses infractions. Il indique néanmoins que l’homme est en état de récidive pour avoir écopé de deux mois de prison avec sursis le 5 novembre 2021. A l’époque, il avait déjà été pris sans permis, sans assurance après avoir refusé d’obtempérer aux injonctions des forces de l’ordre. Plus récemment, il avait de nouveau bénéficié de la clémence d’un juge dans une procédure de vol et de dégradation de biens.
Employé comme monteur de meubles pour le compte d’une société de déménagement, cet homme en couple avec un jeune enfant se montre peu loquace. Au président Molié qui l’interroge sur sa situation personnelle, il le regarde droit dans les yeux, en silence et en se tournant les pouces. A la deuxième question, il se contente de hocher vaguement la tête. S’agissant de décider de son sort en attendant son procès, la vice procureure a sollicité sans surprise le maintien sous mandat de dépôt de celui qu’elle nomme « le forcené de la route ». Une réquisition à laquelle les juges ont fait droit jusqu'au 3 novembre prochain.


