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Saint-Pierre : Il agresse son ex dans une station-service

Un trentenaire était jugé en comparution immédiate au tribunal de Saint-Pierre vendredi pour des violences commises sur la mère de ses enfants. Après une soirée alcoolisée passée ensemble dans une boîte de nuit, un épisode violent a éclaté sur le parking d'une station-service au petit matin.
Ecrit par Gaëtan Dumuids – le dimanche 11 août 2024 à 06H54

Mercredi dernier, il est 7h du matin lorsqu'une station-service de Saint-Pierre devient le théâtre d'une scène désolante. Alors qu'une cliente rentre dans sa voiture, elle voit une femme courir avec un homme qui la poursuit. Celui-ci l'attrape par les cheveux, la fait rentrer de force dans la voiture et va même jusqu'à l'étrangler. C'est la cliente qui va intervenir pour stopper l'individu.

Interpellé et placé en garde à vue, Ludovic B est loin d'être un inconnu de la justice. Il est en effet en récidive pour des violences sur cette même victime, la mère de deux de ses enfants, qu'il avait interdiction d'approcher.

Face aux juges, le trentenaire explique qu'ils ont passé la soirée ensemble dans une boîte de nuit où ils ont beaucoup bu. Il affirme que la soirée s'est bien passée jusqu'à la fermeture et que c'est à partir de là que la femme se serait énervée contre lui, car il a parlé avec une autre femme. La situation a dégénéré à la station-service.

Durant le procès, Ludovic ne va jamais cesser de mettre la faute sur son ex. Bien qu'il ait interdiction de l'approcher, il affirme que c'est elle qui fait tout pour le revoir. Il assure qu'il ne l'a pas violentée, mais juste fait rentrer dans la voiture, car il était gêné du scandale qu'elle faisait devant tout le monde.

Il va poursuivre en expliquant que c'est elle qui le frappe tout le temps et qu'il est plein de cicatrices, mais qu'il ne porte pas plainte. Surtout, il va même jusqu'à dire que c'est elle qui le rappelle avant de faire dégénérer les rencontres quand elle boit. "Je me fais tout le temps avoir", ose-t-il lâcher aux magistrats qui lui rappellent qu'il a déjà été sous bracelet électronique pendant 10 mois pour les mêmes faits.

"Les gens qu'il aime, il leur tape dessus"

"C'est une emprise qu'il avait sur elle pendant la relation et qu'il a toujours. Il l'appelle, pas pour les enfants, mais pour la voir elle. Après, il dit que c'est elle qui vient le chercher en voiture. Ma cliente m'avait prévenu qu'il allait dire que tout est de sa faute à elle et c'est ce qui s'est passé", souligne Me Ludivine Crauste pour la partie civile.

"Il veut qu'on le laisse dehors pour qu'il s'occupe de sa mère qu'il aime. Mais il aime aussi sa femme et ses enfants, mais il a été condamné pour leur avoir tapé dessus. Les gens qu'il aime, il leur tape dessus. C'est toujours madame qui provoque les conflits quand il boit, pas lui. Il ne se remet pas en question", affirme le procureur qui requiert une peine de deux ans de prison ferme.

"On dépeint des scènes de violence, mais c'est juste un ralé-poussé. Sur les photos, elle ne porte pas de traces de violence sur son visage. Les violences n'ont pas entraîné d'ITT. Elle n'a pas d'ecchymose ou de griffures à la différence de mon client qui a un œdème à l'œil droit", argue Me Youssef Ben Slamia.

Le tribunal va le condamner à 10 mois de prison ferme. Il doit verser 500 euros de dédommagements à la victime, qu'il a interdiction de rencontrer pendant trois ans.

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