Saint-Paul : la droite sonne le tocsin contre la candidature clivante de Didier Robert

Une grande partie de la droite locale paraît déterminée à faire front commun pour une candidature unique de Cyrille Melchior aux municipales à Saint-Paul. Un grand rassemblement militant doit se tenir le 30 août à Grande Fontaine en vue d'un soutien massif au président du Département et d'un retrait définitif de Didier Robert, plombé par ses casseroles judiciaires.
A sept mois des municipales de 2026, la droite à Saint-Paul piaffe plus que jamais d'impatience pour se mettre en ordre de bataille derrière un candidat unique susceptible de défaire le maire sortant, Emmanuel Séraphin. Pour l'heure, plusieurs candidatures se dessinent toujours, mettant encore entre parenthèses la grande union de la droite prônée par une large majorité de femmes et d'hommes politiques locaux.
Il semble que Didier Robert, dont le silence est manifeste depuis plusieurs semaines, reste dans les starting-block. C'est tout du moins ce que veulent croire ses principaux relais qui se comptent sur les doigts d'une main. Les plus actifs sur le terrain et en coulisse étant Jean-Hugues Mercher, ancien joueur de foot de la Saint-Pauloise autrefois proche de Joseph Sinimalé, ou encore Dominique How Pan Hie, un ancien du cabinet de Didier Robert à la Région également consultant en communication.
Jean-Pierre Lao-Ouine en joker
Un homme d'affaires, grand acteur de la vie économique locale à Saint-Paul, se tient prêt lui aussi à relever le gant pour les municipales. Il semble que Jean-Pierre Lao-Ouine n'ait pas encore pris de décision ferme et définitive. Une chose paraît acquise : ce candidat venu de la société civile se mettra en ordre de marche à coup sûr si Didier Robert maintenait sa candidature. Il en serait a priori tout autrement si Cyrille Melchior devenait le chef de file de la droite dans la course aux municipales.
C'est la raison pour laquelle les regards se tournent et les appels du pied se multiplient au fil des semaines en direction du président du Département. Pour l'heure, Cyrille Melchior n'a pas dit non, loin s'en faut. Il semble même prêt à s'engager dans la course à la mairie pour peu que Didier Robert se décide à jeter définitivement l'éponge. La plupart des têtes d'affiche de la droite saint-pauloise sont sur la même longueur d'onde que lui, estimant qu'il devient urgent de trancher l'épineuse question du leadership pour les municipales.
“Faire l'union totale autour de la candidature de Cyrille Melchior”
A cet effet, les militants et quelques chefs de file ont prévu de se retrouver nombreux à la salle Leconte Delisle du chemin Tour des Roches à Grande Fontaine, le 30 août prochain. Le but de cette réunion est de fédérer les forces en présence afin “de faire l'union totale autour de la candidature de Cyrille Melchior”. Certains comptent, à cette occasion, faire la démonstration “d'une grande union de la droite saint-pauloise”, font entendre plusieurs voix.
Cette initiative pour clarifier les choses est d'autant plus pressante que beaucoup de candidats à leur propre réélection se sont déjà manifestés dans diverses communes de l'île. Il se murmure à ce propos qu'Emmanuel Séraphin pourrait officialiser sa candidature dans les derniers jours du mois de septembre. Il faut dire que le dauphin d'Huguette Bello a un peu de temps devant lui. Il a le soutien de la Région et l'avantage de bénéficier des atouts de l'appareil communal.
"La candidature de Didier Robert offrirait un boulevard à Emmanuel Séraphin”
Des acteurs de la droite locale assurent que “le maintien de la candidature de Didier Robert offrirait un boulevard à Emmanuel Séraphin” et que donc, “l'idée d'une candidature de Didier Robert à Saint-Paul ne passe plus”. Le rejet de sa candidature s'appuie principalement “sur ses casseroles judiciaires” qui font grand bruit dans la commune. “Dans les réseaux de la droite locale, beaucoup sont prêts à ne rien faire si Didier Robert se présente”, assure même un acteur de la droite qui semble loin d'être isolé.
Il est certain que sur le plan judiciaire, Didier Robert est encore loin d'avoir purgé les affaires qui lui collent à la peau comme autant de sparadraps. D'abord parce que sa carrière politique est entachée de sa condamnation pour prise illégale d'intérêts et abus de biens sociaux dans l'affaire dite des musées régionaux. Le 15 mai 2021, le tribunal judiciaire de Saint-Denis l'avait condamné à 15 mois de prison avec sursis et trois ans d'inéligibilité. Une peine dont il fera appel avant de se raviser pour entamer une traversée du désert, devenue inéluctable de toute façon, avec sa défaite aux régionales.
Le procès dit des emplois fictifs en suspens ?
A nouveau éligible depuis mai 2024, Didier Robert, reconverti dans la restauration, est de nouveau sous les projecteurs de la justice. Relaxé le 21 mai 2024 à la suite du fiasco judiciaire de l'affaire dite des emplois fictifs à la Région, il attend toujours d'être jugé en appel pour détournement de fonds publics et prise illégale d'intérêts comme les dix autres prévenus, lavés de tout soupçon à ses côtés.
Leur procès, programmé pour le 14 mai dernier, a été renvoyé au 14 novembre prochain. Depuis peu, des avocats de la défense redoutent que celui-ci soit de nouveau reporté en raison de l'indisponibilité d'un des deux avocats de Vincent Bègue, retenu en métropole pour un autre procès devant la cour d'assises.
L'épée de Damoclès du procès des indemnités de logement
Dans cette éventualité, rien n'empêcherait a priori la justice d'examiner ce même jour en appel un autre procès visant Didier Robert seul, celui de ses mirifiques indemnités de logement du temps où il était encore président de Région. Dans ce dossier, il se trouve que Didier Robert avait été condamné à huit mois de prison avec sursis, 100 000 euros d'amende et cinq ans d'inéligibilité, le 5 novembre 2024. Une sacrée épine dans le pied de celui qui rêve de se présenter aux municipales de Saint-Paul. Car une confirmation de la peine prononcée en première instance tomberait probablement autour des fêtes de Noël 2025.
Un pourvoi en cassation pourrait y remédier provisoirement. Mais à condition que les juges ne se prononcent pas pour une peine assortie de l'exécution provisoire. Un accessoire dont d'autres élus de premier plan, ici ou ailleurs, ont fait l'amère expérience ces derniers mois. Dans tous les cas de figure, le candidat Didier Robert, qui s'est auto-parachuté à Saint-Paul, resterait avec une sévère épée de Damoclès au dessus de la tête qui pourrait peser lourd dans la balance auprès des électrices et des électeurs de Saint-Paul en quête de probité.


