Saint-Paul : Cyrille Melchior vise la victoire au premier tour et refuse toute alliance

À quinze jours du premier tour des municipales, Cyrille Melchior a présenté sa liste et clarifié sa stratégie. S’il se pose en candidat du rassemblement, le président du Département exclut toute alliance entre les deux tours et affirme viser une victoire dès le premier tour.
« Je suis de Saint-Paul, j’ai toujours été élu à Saint-Paul, et je veux faire avancer Saint-Paul. » Cyrille Melchior veut désormais présenter l'équipe avec laquelle il compte gagner la mairie. Ce dernier explique avoir pris sa décision « suite aux rencontres » et aux échanges avec les familles de la commune. « J’ai entendu cet appel, du battant des lames aux sommets des montagnes. Il y a une crise sociale, des problèmes de sécurité, on ne doit plus attendre. »
Il promet « une équipe qui protège, rassemble et agit », composée « d’hommes et de femmes au service des plus démunis », avec un cap fondé sur « la proximité, l’humilité et le développement ».
Des bas « sales » et des hauts « abandonnés »
Concernant le Territoire de l’Ouest, il propose la création d’une véritable fourrière intercommunale pour mieux traiter les véhicules abandonnés.
Sur les transports, il estime que le réseau doit être repensé. « Je vois trop de grands bus qui roulent à vide. » Il souhaite revoir l’organisation des dessertes, jugées inadaptées, et mettre en place un transport câblé pour mieux couvrir les hauts.
Le candidat veut relancer le projet d’écocité et développer une zone d’activité à Cambaie afin de créer « de l’emploi durable » et faire baisser le chômage à Saint-Paul.
Il mise aussi sur l’agrotourisme et sur les outils de formation présents sur le territoire, notamment le lycée hôtelier et le Centhor. Son ambition est claire. « Chaque touriste qui vient visiter notre île doit passer dans le centre-ville de Saint-Paul », afin de soutenir les commerçants et valoriser « la plus vieille ville de La Réunion ».
Pour l’agriculture, il propose un partenariat avec le marché de gros de Saint-Pierre afin de créer une plateforme technique à Saint-Paul. L’objectif est d’éviter aux agriculteurs d’écouler leur production à l’aube dans le sud.
Il insiste enfin sur la nécessité de ne pas lancer de projets « coûteux » non viables économiquement.
Une liste mêlant élus et société civile
La liste compte 56 colistiers. On y retrouve Églantine Victorine, Edwige Termar Stark, figure du handball péi, Cédric Boyer, policier et représentant syndical favorable au classement d’une partie de la commune en zone police, ainsi que Yannick Gence, agriculteur, qui souhaite améliorer l’accès à l’eau agricole dans les hauts.
Plusieurs figures de l’opposition municipale de droite sont également présentes, dont Tristan Floriant en troisième position, Sébastien Ibar, Audrey Fontaine et Lucie Paula.
Jean-Marc Bénard, ancien élu à la ville du temps de la mandature de son frère- Alain Bénard- fait lui aussi son retour en politique.
Seul moment de tension, l’intervention de Christian Pausé, présenté comme « monsieur littoral » de l’équipe. Il a estimé que « le développement économique du littoral n’est pas dans les gènes de ces gens-là qui ont fait l’école de Moscou ».
Cyrille Melchior a immédiatement recadré ces propos. « Tous les candidats n’ont fait qu’une seule école, celle de la République. On doit rectifier quand les mots vont trop loin. »
Christian Pausé défend notamment la construction d’une marina à Saint-Gilles. « Peut-être pas comme à Monaco, mais il faut avoir une vision, un projet. »
« Pas de liste d'union »
Interrogé sur son cumul avec la présidence du Département, il s’engage à effectuer toute la mandature s’il est élu. « Je m’engage à être élu pour faire toute la mandature, pas d’autre projet que d’être maire. »
Il répond aussi aux critiques. « Certains m’attaquent sur le fait que je suis président du Département, mais quand on voit ce qu’il se passe dans cette ville je prends mes responsabilités. » Il ajoute. « Celui qui me fait ce reproche n’a pas hésité à se présenter en 2020 à Saint-Denis alors qu’il était à la Région. »
S’il se dit homme de rassemblement, il exclut toute alliance entre les deux tours. « Je n’ai pas l’intention d’ouvrir ma liste pour une union avec qui que ce soit. »
Confiant, il conclut. « La question ne se posera pas, car nous allons l’emporter au premier tour. »


