Saint-Louis : "Vous n'avez que des compagnes violentes, ce n'est pas de chance"

À en croire Pierrick*, rencontrer des femmes violentes est la triste histoire de sa vie. Jugé pour violences sur sa compagne, le solide gaillard d'un 1,85 m pour près de 100 kg jure qu'il n'a fait que répondre aux coups de Nathalie*, 1,58 m.
Selon la victime, l'origine de la dispute vient plus tôt du fait que l'homme de 27 ans n'a pas supporté que le ménage soit mal fait et que son fils soit trop bruyant. Information importante : Pierrick s'est installé depuis une semaine chez Nathalie, qui vit elle-même chez sa mère. Bref, la gêne semble être un concept inconnu chez le prévenu.
Le couple est ensemble depuis un an et Pierrick avait déjà fixé les règles : pas de maquillage et pas de sortie avec les copines. "Je n'aime pas quand elle est trop maquillée", lâche-t-il à la barre. Évidemment, le Saint-Louisien explique que c'est à chaque fois Nathalie qui le frappe et lui ne fait que répondre. En plus, elle et sa mère "mentent souvent." Comme pour expliquer la trace de morsure au bras gauche par exemple.
Pas un homme violent, juste un caliméro
"Si je me laisse faire, elle en profite", se lamente-t-il à la barre. Un scénario qu'il raconte déjà lors de sa première condamnation pour violences conjugales sur une autre femme. "Vous n'avez que des compagnes violentes, c'est pas de chance", tance le juge. Pourtant, Pierrick va acquiescer et même expliquer que s'il n'a pas reconnu ses deux enfants, "c'est parce que les mères ne le veulent pas."
C'est à ce moment-là que la mère du prévenu va exiger la parole en pleine audience, mais le juge va lui rappeler poliment qu'elle n'est pas dans le dossier et qu'elle n'a donc rien à dire. Visiblement, la gêne se transmet de mère en fils.
"Il y a plusieurs épisodes de violences. Pourtant, ce n'est pas Madame qui a des problèmes avec l'alcool et qui est en récidive. Elle fait 30 cm de moins que vous, le rapport de force est inégal. Vous avez les moyens de réagir autrement, même si elle parait agressive. Il y a deux victimes, donc ce n'est pas une coïncidence", affirme le procureur qui requiert six mois de prison ferme et la révocation de six mois de sursis.
Le juge va le condamner à trois mois de prison et révoque trois mois de sursis. Le juge d'application des peines décidera d'un éventuel aménagement. Il a également l'interdiction de paraître au domicile de son ex-compagne.
*Prénoms d'emprunt


