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Saint-Louis : Le gréviste de la faim n'est pas un inconnu

Le gréviste de la faim planté devant la mairie de Saint-Louis est un sacré personnage. Connu de la mairie et de la justice, il s'est illustré il y a deux ans en voulant soutirer de l'argent au conducteur d'un accident dont il n'était pas la victime.
Ecrit par Ludovic Grondin – le jeudi 12 janvier 2023 à 14H27

Ce mardi, un administré saint-louisien s’est mis en tête d’entamer une grève de la faim pour protester contre la mairie. Le sit-in se fait dans le square de l’hôtel de ville. Le gréviste en question n’est pas un inconnu, que ce soit de la justice ou de personnes qui ont croisé sa route. L’une d’entre elles nous raconte sa mésaventure.

Nous sommes en décembre 2020 à Plateau Caillou. Brigitte (prénom d'emprunt) est à côté de son père qui conduit sa voiture. Tout à coup, une personne surgit devant eux. Son père arrive à braquer le volant pour éviter un choc frontal. La piétonne est quand même touchée par le véhicule, de biais. Pompiers et gendarmes se rendent sur les lieux de l’accident. La piétonne n'est fort heureusement que légèrement blessée. "Mon papa conduisait. Elle a surgi de nulle part. Il a pu esquiver mais la tête de la piétonne a heurté le pare-brise et a rebondi sur le rétro", raconte précisément Brigitte.  

Le pire est donc évité ce jour-là mais Brigitte ne se doute pas qu’un drôle de manège va débuter en coulisses. A partir de ce jour-là, elle va avoir affaire au... père de la piétonne. Ce monsieur, c’est Pascal Boqui-Quéni,...le gréviste de la faim. 

"Il ne voulait pas qu’on fasse jouer l’assurance", nous dit Séverine qui a parfaitement reconnu le monsieur devant la mairie de Saint-Louis. Un personnage qu’elle n’oubliera pas de sitôt.  

"Alors qu’on avait fait les papiers dans les règles avec les gendarmes, le papa de la victime nous a dit qu’il ne voulait pas qu’on dépose les papiers à l’assurance. Il voulait un arrangement à l’amiable. Il m’a dit de lui donner 500 euros et comme ça il passait dessus... Déjà, on ne comprenait pas pourquoi c’était lui qui venait discuter avec nous alors que c’était sa fille, majeure, qui avait eu l’accident. Ensuite, je lui ai dit 'non, je vais voir mon assurance'", lui répond à l’époque Brigitte qui tient à faire les choses dans les règles, quand bien même son père est considéré comme fautif car il n'a pas vu la piétonne. 

Condamné en 2014

Face au refus de Brigitte, Pascal Boqui-Quéni lui explique que "sa fille aura des soucis si elle fait jouer les assurances car sa fille n’a pas de carte vitale…", se souvient Brigitte. Elle n’est pas au bout de ses surprises. Ce jour-là, chacun part de son côté sans qu’aucune décision ne soit prise. 

Dès le lendemain, la demande se fait insistante. "Il me rappelle et me dit : 'est-ce que j’ai son argent ?' À partir de là, il a commencé les menaces en me disant qu’il savait où j’habitais et qu'il allait envoyer des gens. Il pouvait m’appeler à 9h du matin comme à 22h. Il m’appelait tous les jours pour me dire de lui donner 500 euros. À un moment donné j’étais à deux doigts de payer tellement j’en avais marre", se rappelle-t-elle.

Mais sa démarche sera celle de tenir tête face aux coups de pression. Avec son père, elle retourne à la gendarmerie de Plateau Caillou exposer ces faits de menaces. En quelques clics, les militaires n’ont qu’à consulter leur base de données pour en savoir plus sur le casier de Pascal Boqui-Quéni. Celui-ci a déjà été condamné par le tribunal de Saint-Pierre en 2014. Une audience que nous avions d’ailleurs suivie à l’époque.  

Aux limites du servage : Le swami de Saint-Louis s’en mettait plein les fouilles

Dans l’histoire, la fille de Pascal Boqui-Quéni ne s’est à aucun moment manifestée auprès du conducteur et de sa passagère pour réclamer quoi que ce soit. "Les gendarmes nous ont même dit qu’ils avaient tenté de la localiser en se rendant à sa dernière adresse connue mais la victime s’était évaporée, comme ça, du jour au lendemain. On n'a jamais entendu parler d’elle mais à chaque fois c’était son père qui venait nous réclamer 500 euros". 

Se considérant désormais comme victime de chantage si elle ne s'acquittait pas de 500 euros, Brigitte s'est décidée à déposer une main courante, ce qui a amené les gendarmes à signifier à Pascal Boqui-Quéni qu’il était sous le coup d’une condamnation comportant un sursis. Façon de dire qu’il devait se tenir à carreau. 

"Depuis que les gendarmes lui ont fait comprendre ça, il ne m’a plus du tout réclamé l'argent", retient Brigitte. 

Outre cette histoire d'accident dont il a voulu tirer profit, Pascal Boqui-Quéni a déjà eu l'occasion de se faire connaître à Saint-Louis. Celui qui se dit swami au sein de son ashram à l’Etang du Gol est passé sous les radars des autorités publiques en fin d’année dernière pour une autre de ses obsessions, celle de construire ou d'entreposer sur l'espace public du bric-à-brac et sans aucune autorisation.

Des projets non accordés par la mairie

Une source officielle nous indiquait fin novembre 2022 que les services de la DEAL et ceux du service technique de la mairie connaissaient parfaitement le personnage. "Il a le don pour construire sur des lieux alors qu’il ne dispose d’aucun titre. Il a construit une espèce de chapelle (voir plus bas) - ou je dirais plutôt un baraquement - et il a aussi laissé des épaves de voiture sur le domaine public", nous signalait un connaisseur du dossier. 

Il revenait à chaque fois aux services municipaux de faire place nette pour faire respecter les lieux. Le personnage est aussi connu pour présenter des projets associatifs mal ficelés, présentés comme culturels au départ mais qui dérapent vers le cultuel. Ce mélange des genres complété par l’absence d’autorisation a valu à ses projets d’être retoqués, comme en novembre dernier lorsqu’il a fait une demande pour une manifestation en lien avec le Téléthon. 

Sans qu'il en ait l'autorisation, le swami de Saint-Louis construit où bon lui semble : 

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