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Saint-Louis face à la CRC : Redressement financier et héritage encombrant

Ce vendredi 30 août, le Conseil municipal de Saint-Louis avait un ordre du jour particulier : le rapport d’observations définitives de la Chambre régionale des comptes (CRC) sur la gestion de la commune de Saint-Louis pour la période 2018-2023. Un rapport qui intègre la fin de la mandature précédente ainsi que l'arrivée de l'équipe municipale dirigée par Juliana M'Doihoma. Cette dernière a donc profité de cette séance pour trier le bon grain de l'ivraie.
Ecrit par Gaëtan Dumuids – le vendredi 30 août 2024 à 20H52

Comme à l'accoutumée, les sièges de l'opposition sont restés désespérément vides ce vendredi soir lors du conseil municipal. Une absence d'autant plus criante que Cyrille Hamilcaro avait organisé une conférence de presse un peu plus tôt afin de critiquer la maire en place sur les conclusions du rapport d’observations définitives de la CRC. "Ils préfèrent l'absence et le misouk", note Juliana M'Doihoma en début de Conseil municipal.

"Un rapport de la CRC n'est pas un événement exceptionnel dans la vie d'une collectivité. D'autant plus que la CRC envisageait de placer la ville sous tutelle en 2018 et voulait donc voir si ses recommandations avaient été suivies", assure la maire de Saint-Louis. Après plusieurs étapes où Juliana M'Doihoma a demandé elle-même à être interrogée, la CRC a donc transmis son rapport final.

Ce rapport a été divisé en deux cahiers. Le premier porte sur l’organisation communale et les moyens humains, pour les exercices 2018 à 2023, ainsi que la réponse qui y a été apportée par la commune. Le second concerne la politique de la ville. La maire regrette toutefois que ces conclusions soient "une analyse générale sans transparence entre les deux mandatures."

Mais si les deux mandatures ne sont pas séparées, la CRC reconnaît indirectement le travail effectué par l'équipe municipale en place. "La CRC reconnaît que les finances ne sont plus un sujet de préoccupation pour Saint-Louis. Les finances ne sont plus le point de mire des contrôles, car la commune est sortie du rouge. Il faut être aveugle ou de mauvaise foi pour ne pas le reconnaître", rappelle l'édile. Une situation financière assainie qui permet à la commune d'augmenter ses investissements ou son soutien aux associations.

Des succès, mais aussi des sujets de questionnement

À l'inverse, Juliana M'Doihoma souligne que le rapport de la CRC met en exergue des "errements du passé comme la vente du patrimoine communal, notamment sur les ventes à tempérament et les achats-ventes où la commune rachetait des biens immobiliers pour y placer les anciens propriétaires. Une vraie politique de copinage."

L'autre sujet complexe mis en avant par la CRC est le nombre d'employés municipaux titularisés juste avant les élections de 2020, qu'elle identifie "comme source de contentieux". La CRC note que la commune manque d'agents d'encadrement, ce qui pèse sur le fonctionnement quotidien. À l'inverse, le rapport pointe du doigt le recrutement massif d'agents d'exécution.

Pour le Cahier 2, portant sur la politique de la ville, la CRC est plus sceptique. Elle considère que la ville a "trop de dispositifs sans stratégie ni vue d'ensemble". Une position que ne partage pas la maire, qui estime "qu'il n'y a pas trop de dispositifs, car on part de trop loin. L'élément que je partage avec la CRC est le manque d'encadrement et de coordination, ainsi qu'une réforme plus générale de la politique de la ville au niveau national."

La CRC émet des doutes sur la capacité de la ville à réaliser son Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain (NPNRU). Pas de quoi décourager la maire qui assure que "l'on peut prendre appui sur le Cahier 1, qui est une réussite sur le plan des Finances, pour montrer que c'est réalisable. On va arriver au bout."

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