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Saint-Leu : plus de karaoké pendant un mois au snack Le Four à Chaux suite à une fermeture administrative

Ecrit par M.B et J.D – le vendredi 3 octobre 2025 à 19H18

Le préfet de La Réunion a ordonné la fermeture temporaire du « Snack Le Four à Chaux », situé à Saint-Leu, après la découverte de plusieurs employés non déclarés. L’établissement devra garder portes closes pendant un mois.

Le couperet est tombé : la rondavelle le « Snack Le Four à Chaux », installé rue du Lagon à Saint-Leu, devra cesser son activité pour une durée de trente jours. Cette décision, prise par arrêté préfectoral en date du 3 octobre, fait suite à un contrôle de l’inspection du travail mené le 2 mai dernier dans le cadre d’une opération du comité opérationnel départemental anti-fraude (CODAF). Sur les onze personnes présentes ce jour-là, six n’avaient pas fait l’objet d’une déclaration préalable à l’embauche.

"Nous allons respecter l'arrêté"

Une douche froide pour les gérants du commerce, qui est devenu au fil des années un lieu connu sur le front de mer, notamment avec ses soirées karaoké. « Nous allons respecter l'arrêté, c'est dur, mais pas le choix. La fermeture sera effective dès ce lundi 6 octobre », confirment les responsables du snack. Entourés d'une partie de leurs salariés, ils ont fiévreusement attendu la notification de la décision de la préfecture. En fin de journée ce vendredi, la publication de l'arrêté laisse un goût amer aux gérants, forcés de baisser le rideau.

54% des salariés non déclarés


Tout remonte au 2 mai dernier, lors d’un contrôle conjoint mené par l’inspection du travail dans le cadre du comité opérationnel départemental anti-fraude (CODAF). Sur place, les agents de la DEETS ont constaté la présence de onze personnes en situation de travail. Or, après vérification auprès du centre de recouvrement, il est apparu que six d’entre elles n’avaient fait l’objet d’aucune déclaration préalable à l’embauche. Autrement dit, plus d’un salarié sur deux exerçait sans existence légale.


Entendu en audition libre le 20 août, le gérant de l’établissement a tenté de justifier la situation. Selon lui, deux des personnes concernées étaient des prestataires en cours de création d’entreprise, un autre aurait quitté son poste par crainte de poursuites, et trois auraient depuis signé un contrat de travail. Ces régularisations ultérieures n’ont toutefois pas convaincu l’administration. Dans son arrêté, le préfet rappelle que les obligations de l’employeur s’appliquent dès l’embauche, et que l’absence de déclaration prive les salariés de toute protection sociale — couverture maladie, retraite, assurance accident du travail — tout en causant un préjudice au système de Sécurité sociale.


Pour la préfecture, les faits caractérisent une volonté délibérée de dissimuler des emplois. La décision insiste sur la gravité des manquements, soulignant qu’une proportion significative de 54 % des travailleurs présents n’était pas déclarée. Outre l’atteinte aux droits des salariés, ces pratiques constituent une concurrence déloyale vis-à-vis des entreprises respectueuses de leurs obligations fiscales et sociales.


La fermeture administrative est assortie de l’obligation d’afficher l’arrêté préfectoral sur la devanture de l’établissement. Une copie a été transmise au procureur de la République de Saint-Pierre et au CODAF. L’exploitant conserve néanmoins des voies de recours : il peut déposer un recours gracieux ou hiérarchique, voire saisir le tribunal administratif dans un délai de deux mois.

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