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Saint-Leu : Il poignarde son dalon pour le faire partir de chez lui

Un habitant du Plate Saint-Leu était jugé en comparution immédiate par le tribunal de Saint-Pierre pour avoir donné un coup de couteau à son dalon. Il affirme que ce dernier ne voulait pas partir et qu'il avait peur de lui. Il est condamné à 3 ans de prison, dont deux avec sursis.
Ecrit par Gaëtan Dumuids – le dimanche 11 août 2024 à 06H28

Le 11 juillet dernier, Sylvain* se rend chez son ami Jean. Les deux sont alcoolisés et Jean veut que son dalon parte de chez lui. Le ton monte et l'hôte frappe son invité, avant de saisir un couteau et de le frapper au niveau des côtes. La victime s'enfuit et part se réfugier dans un snack à proximité. Jean le poursuit et promet de revenir.

Les secours arrivent et prennent Sylvain en charge. Si son pronostic vital n'est pas engagé, il va perdre 1,5 litre de sang et se voit prescrire 15 jours d'ITT. Jean, lui, se rend aux gendarmes lorsqu'ils arrivent. Prévue le 19 juillet dernier, l'audience de comparution immédiate avait été renvoyée, car la victime n'avait pas été avisée du procès.

C'est donc vendredi que les magistrats ont traité ce dossier. Face à eux, Jean va livrer une explication assez floue. Il assure qu'il ne faisait que pointer le couteau vers Sylvain, qui est venu s'empaler dessus. Il jure qu'il avait peur de la victime, qui a une réputation de bagarreur. De son côté, Sylvain affirme que c'est Jean qui devient violent à chaque fois qu'il boit.

"Son oncle qui est témoin dit qu'il n'y a pas eu de bagarre, puisque c'est seulement Jean qui frappait. Il a eu l'instinct de partir en courant, mais il l'a poursuivi", souligne Me Elsie Laxenaire, qui ajoute que son client a vécu une sensation de mort imminente. Une lecture du dossier que partage le procureur, qui requiert une peine de 3 ans de prison, dont 18 mois avec sursis.

"Les faits sont clairs, mais les circonstances sont floues. Si la victime ne veut pas parler, c'est peut-être parce qu'elle ne veut pas tout dire", argue Me Guillaume Darrioumerle, qui rappelle que son client travaille et n'a pas de problème d'alcool, sauf quand il est influencé par ses amis. Il demande à ce que son client soit placé sous bracelet électronique afin de conserver son emploi.

Jean est finalement condamné à trois ans de prison, dont deux avec sursis probatoire de deux ans. C'est le juge d'application des peines qui décidera d'un éventuel aménagement de peine. Il doit de plus réparer les dommages causés à la victime, qui seront décidés lors du renvoi sur intérêt civil.

*Prénom d'emprunt

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