Saint-Leu engage 6 ASVP qui veilleront à la tranquillité publique en électrique

"J’ai déposé ma candidature, j’ai passé un entretien et j’ai effectué une formation d’un mois et demi", synthétise Laëtitia Dubard qui est lâchée dans le grand bain depuis 3 mois comme cinq autres de ses collègues. Ce mercredi, tous - 4 hommes et 2 femmes - ont reçu des mains du maire Bruno Domen leur carte professionnelle, trois mois après leur assermentation qui leur offre toute latitude pour verbaliser.
"Nous avons commencé par effectuer de la médiation auprès des commerçants et des usagers de la route", explique la jeune Saint-Leusienne qui confirme que le rôle des ASVP demeure peu connu des citoyens.
"On nous demande souvent à quel corps de métier nous appartenons", relaye-t-elle les questions légitimes des administrés qui hésitent à les associer aux forces de l’ordre. Concrètement, ils agissent sous la coupe de Jean-Noël Ellaya, chef de la police municipale. Tout comme leurs collègues de la police municipale, ils disposent de moyens de projection avec un véhicule estampillé ASVP et de vélos électriques. C’est dans l’air du temps et ça colle avec le désir d’apaisement et de médiation qu’ils sont censés jouer notamment en période d’affluence sous les filaos.
Au tour des hauts en 2023
"Des deux kiosques (à l’entrée sud de la ville, ndlr) jusqu’à Kélonia (entrée nord), il y a 2,5 km", explique Bruno Domen qui voit, à travers ces six recrues, le moyen de "renforcer le travail de médiation, d’avoir une présence rassurante, dissuasive" lorsqu’il le faut. Leur champ d’action va du stationnement gênant - "il y a beaucoup d'incivilités sur le stationnement", confirme le maire - à des atteintes à l’environnement jusqu’à faire cesser des nuisances. Non armés, les ASVP disposent aussi d'une formation en "secourisme en équipe" de niveau PS1 et PS2. Ils sont sur le pont à des horaires conventionnelles. De 7h30 à 16h en semaine et de 8h à 13h les samedis et dimanches. Une plage horaire déjà substantielle pour le gros des incivilités.
Ce comeback des ASVP intervient après plusieurs soubresauts. En 2005 déjà, Saint-Leu l’avait envisagé mais sans moyens humains. En 2010, le service affichait 11 agents puis en 2019, il n’en restait que 2. Les voici donc de retour avec 6 agents.
Lorsque l’intervention implique un niveau de gravité bien plus élevé, ils transmettent aux policiers municipaux ou à la brigade territoriale de gendarmerie.
"Avec ses équipements de loisirs et ses événementiels, Saint-Leu est victime de son succès", juge le maire qui rappelle que la sécurité est "un objectif majeur de la mandature".
La surveillance en centre-ville et sur le bord de mer ne fait pas oublier les autres secteurs à mi-pente. L’équipe municipale compte livrer courant 2023 une antenne de la police municipale au Plate car la distance avec les bas donne des délais d’intervention assez conséquents. "Les secteurs à renforcer sont le Plate et la Chaloupe", s’accorde à dire Bruno Domen. "Pour s’y rendre, il nous faut environ 20 minutes", estime Jean-Noël Ellaya, un délai bien assez long (trop long ?) au vu du bassin de population qui vit dans les hauts de la commune, soit environ 18.000 âmes, autant que dans les bas.


