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Saint-Joseph: Ses vieux démons ont ressurgi quand il est devenu papa

Accueillir un enfant est source d'anxiété. Loïc* n'a pas su gérer son stress ou peut-être y a-t-il vu l'occasion d'enfermer et rabaisser encore davantage sa compagne. La séparation inévitable s'est terminée devant la justice.

Ecrit par P.B. – le dimanche 18 février 2024 à 14H29

Après 4 ans de vie commune, les langues des proches de Sophia* se sont déliées à leur séparation. Loïc leur fait peur. La jeune femme s’est progressivement repliée sur elle-même face à la jalousie maladive de son compagnon. Alors que leur fille a 5 mois, elle porte finalement plainte pour dénoncer des pressions psychologiques. Loïc n’accepte pas la séparation, lui envoie de nombreux messages, surtout le soir. S’il commence par s’enquérir de sa fille, il finit toujours par demander si Sophia voit d’autres personnes. Les insultes et les menaces viennent aussi très rapidement.

“Ma fille me manque, je cherchais des réponses, j’étais dans le flou”. Loïc est allé jusqu’à appeler la psychologue de son ex-conjointe pour avoir ces réponses. “En 4 ans, je n’ai jamais levé la main sur elle”, tente de relativiser Loïc et son grand gabarit qu’il tient voûté à la barre du tribunal correctionnel de Saint-Pierre ce jeudi.

L’expertise psychologique établit que Loïc se pose régulièrement en victime et qu’il a développé une paternalité problématique.

“C’était pour le premier bain de ma fille, de retour à la maison. Je voulais partager pleinement ce moment, mais Loïc était là, il tournait dans tous les sens. Il a retourné la maison à la recherche de ses médicaments”, éclaire Sophia.

Loïc était, assure-t-il désormais, un consommateur d’alcool, de stupéfiants et de médicaments. Devenir père l’aurait replongé dans la violence de son propre père.

Les gendarmes ne l’arrêtent pas

Tout son stress, il l’a fait supporter à Sophia. “Tu l’as mal habillée, elle est malade, tu n’as pas fait ci, tu as mal fait ça… un comportement instauré de manière pernicieuse”, souligne Me Béatrice Fontaine, l’avocate de Sophia, constituée partie civile. Loïc n’a jamais cessé de contacter Sophia durant toute la procédure alors même qu’il sortait de la gendarmerie. Entêté, il veut à tout prix des réponses à ses questions de père, mais aussi d’ex-conjoint.

Poursuivi pour harcèlement de personne ayant été conjoint avec dégradation des conditions de vie altérant la santé, Loïc pourrait perdre son autorité parentale, lui rappelle le parquet.

“Il n’accepte pas la séparation avec sa femme et sa fille, il vrille et s’ancre sur le fait qu’on veut le séparer de sa fille”, explique son avocate Me Nathalie Pothin. Loïc a en revanche pour lui d’être allé de son propre chef consulter un psychiatre, “ une lueur d’espoir », fait valoir son conseil.

Loïc écope de 12 mois avec sursis, d’une obligation de soins, de travailler. Le tribunal est allé au-delà des réquisitions et demandes de la partie civile en ordonnant une interdiction de contact et de paraître chez la victime. “Nous sommes particulièrement inquiets. Il faut arrêter dès maintenant d’envoyer des messages”, tance la présidente du tribunal à l’énoncé du délibéré.

Loïc devra aussi réparer les dommages causés à la victime et suivre un stage de parentalité qui devrait lui permettre de conserver ses droits de père.

*Prénoms d’emprunt

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