Saint-André : les voisins bloquent (de nouveau) les mariés

Les tensions repartent de plus belle autour du Domaine Palssade, dénoncent des riverains. Mercredi soir, ils ont (de nouveau) entravé le chemin d’accès au Domaine, bloquant les invités d’un mariage. Ils menacent de bloquer l’axe définitivement en cas de récidive. Le propriétaire du Domaine va porter plainte.
À croire les riverains du Domaine Palssade, qui héberge notamment la ferme pédagogique du même nom, non loin du chemin Patelin, les tensions n’auraient jamais vraiment disparu depuis 2019, date du premier coup de chaud entre les riverains du Domaine et son propriétaire, Daniel Vee.
À l’époque, se disant excédés, les voisins n’avaient pas hésité à boucher le chemin d’accès, et avec lui celui des mariés à leur mariage, provoquant de vives tensions.
Plus de cinq ans après, rebelote. Ce mercredi en fin de journée, les policiers ont dû intervenir pour ramener le calme entre des riverains qui avaient bouché le chemin et des invités du mariage, bloqués au moment de repartir chez eux.
Une plainte en vue
Propriétaire du Domaine et organisateur du mariage, Daniel Vee, joint au téléphone, annonce qu’il va porter plainte et donne sa version : « Il y avait un mariage, de jour, qui se terminait à 20 h, mais les voisins sont venus vers 18 h avec un tracteur et ont enclavé le chemin comme d’habitude. Ils ont pris des galets, bouché le chemin, caillassé des voitures et menacé les gens. »
« Je trouve tout cela pitoyable, la police est venue mais nous a laissés là avec les convives sans déboucher le chemin. On est les faibles, la police va vers les forts en nous disant que c’est à nous de gérer ce problème privé qui dure depuis 15 ans », poursuit-il.
Il dit avoir lui-même été frappé « à coups de galets » dans le chemin récemment, « raison pour laquelle je ne suis pas intervenu, c’est un convive qui savait conduire la mini-pelle qui a débouché le chemin ».

« Je ne fais plus rien de nocturne »
Sur le fond du problème, il affirme ne plus organiser de mariages « depuis 2019 et le pire, c'est que rien ne m’interdit de le faire. J’ai un jugement qui ne me l’interdit pas, mais j’ai préféré arrêter de moi-même. Je paierai 500 euros d’astreinte au moment où je fais des tapages nocturnes constatés, mais il faut un appareil de mesure. Je ne fais plus rien de nocturne, j’ai le droit de travailler le jour. »
Il réfute les accusations de nuisances : « J’ai un rapport acoustique qui dit qu’à 40 mètres de ma salle, je suis à 50 décibels et la première maison est à 250 mètres à vol d’oiseau, c’est de la méchanceté pure et simple. »
Il confesse avoir organisé la communion de sa fille l’année dernière, en avril : « Et à 23 h les policiers sont venus me voir pour éteindre la musique. »
Il menace de porter plainte : « Ce chemin appartient à tous les riverains, ils n’ont pas le droit de l’enclaver, de menacer les gens. »

Les voisins contre-attaquent
Du côté des voisins, la version est à l’inverse opposée : « Il fait du bruit la nuit aussi, un samedi, il y a trois semaines, les policiers sont venus, ils ont été le voir pour faire baisser la musique et ont fait sortir tout le monde », avec des amendes à la clé, assure un riverain.
Ce mercredi, « dès 13 h il avait mis la musique, puis ça s’arrêtait et ça reprenait, et à partir de 16 h c’est parti », raconte l’un d’entre eux.
« Il continue, il n’a pas arrêté », dénonce un autre membre de sa famille qui nous montre une longue série de courriers envoyés aux autorités, notamment à la DEAL, et plus particulièrement un courrier datant de novembre 2023 signé par l’Officier du ministère public auprès du tribunal de police de Saint-Denis. Ce dernier l’informe que des poursuites allaient être exercées contre leur voisin pour « émission de bruit portant atteinte à la tranquillité du voisinage ». Une infraction relevée entre le 1er juillet 2022 à 22 h et le 2 juillet à 5 h, avec à la clé une potentielle condamnation de « 450 euros au plus ».

La menace d'un blocage "permanent"
« Nous sommes dans notre droit, la justice lui a donné tort », clame un autre. « Ça s’était calmé mais il a recommencé avec des mariages, des communions, des anniversaires », intervient son épouse.
Les voisins réfutent tout caillassage d’un véhicule ce mercredi : « C’est en faisant une manœuvre qu’une voiture a tapé à l’arrière parce qu’il faisait nuit et qu'on ne voyait rien, personne n’a jeté de galets. »
Ils évoquent une pétition et menacent surtout de bloquer le chemin de façon “permanente” en cas de poursuite des nuisances “pour faire venir les autorités et trouver une solution”.
Chaque camp accuse par ailleurs l’autre de lui avoir « volé » des terrains.
Les tensions ne sont jamais vraiment retombées autour du Domaine Palssade…


