Saint-André : les riverains de la carrière de matériaux de Patelin au tribunal

Trois ans après avoir entamé une procédure pour demander l'annulation de l'autorisation d'exploitation accordée par la préfecture à la carrière de matériaux de la SAS Préfabloc Agrégats, des riverains du quartier de Patelin ont vu leur requête examinée par le tribunal administratif. Les premières conclusions leur sont défavorables.
Déçus, mais pas abattus. Après les conclusions de Vincent Ramin, le rapporteur public du tribunal administratif de La Réunion, qui s'est prononcé ce mercredi 3 septembre en faveur d'un rejet au fond de leur requête, les opposants au projet de carrière de matériaux du quartier de Patelin à Saint-André ne semblaient ni surpris, ni démobilisés.
L'association Groupement d'union et d'entente pour le Patelin (Guep), qui rassemble des riverains de ce paisible quartier situé à proximité de la rivière du Mât, confiait ainsi après l'audience son intention de faire appel d'une probable décision défavorable du tribunal à son encontre.
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Quant à Me Siva Moutouallaguin, qui défendait une autre requête en annulation de l'arrêté préfectoral du 11 août 2022 autorisant la SAS Préfabloc Agrégats à exploiter cette carrière de matériaux alluvionnaires (sur une surface d'extraction de 23 hectares) - un recours formé par trois riverains et agriculteurs - la robe noire a pour sa part dévoilé à la barre ce qui constituera probablement sa stratégie lors de la procédure en appel qui semble inévitable.
« Il n'apparaît pas que les activités d'extraction auront un effet significatif »
Pour l'avocat, il s'agira d'obtenir des expertises judiciaires afin de contrebalancer l'étude d'impact fournie par le pétitionnaire Préfabloc Agrégats. Une étude dont les conclusions ont été entièrement reprises et admises, aussi bien par la préfecture que par le rapporteur public du tribunal administratif.
Nuisances sonores, poussière, danger pour la nappe phréatique, consommation d'eau du projet dans une commune, Saint-André, qui en manque singulièrement, perte de parcelles de canne à sucre parmi celles affichant le plus haut rendement, rotations incessantes de poids lourds, absence de dérogation pour les espèces protégées ou encore risque d'érosion des berges de la rivière du Mât : tout cela aurait bien été encadré par l'étude d'impact et ses mesures compensatoires, a balayé en substance le rapporteur public Vincent Ramin, pour qui « il n'apparaît pas que les activités d'extraction auront un effet significatif ».
Pour Me Clarisse Lévêque, qui substituait le cabinet Atmos Avocats défendant les intérêts de l'association Guep, l'enjeu climatique est si primordial désormais que le pari économique n'en vaudrait pas la chandelle. « Une autorisation d'exploitation de 25 ans qui permettra de fournir seulement 20% des matériaux nécessaires à la construction des routes », a fait valoir l'avocate.
« Comment faire confiance à la société PréfaBloc alors qu'elle a fait l'objet de plusieurs mises en demeure de la préfecture sur ses autres exploitations ? », a par ailleurs soulevé Me Clarisse Lévêque à la barre.
Me Siva Moutouallaguin a estimé que si certaines réserves émises par l'Autorité environnementale, l'ARS ou la mairie (qui avait refusé d'octroyer un permis au projet) n'avaient certes que valeur consultative, cela ne retirait rien à leur pertinence et n'exonérait pas le tribunal de les prendre en compte.
Les avocats de la société Préfabloc Agrégats, confortés par les conclusions favorables du rapporteur public, n'ont pas souhaité s'exprimer à la barre. La préfecture, elle, n'était ni présente ni représentée. La décision du tribunal administratif a été mise en délibéré.


