Saint-André : le conseil municipal vire au règlement de compte

À l’orée de la campagne municipale, Joé Bédier, le maire de Saint-André a choisi de retirer leurs délégations à Primilla Cevamy et Jean-Thierry Assicanon. Les deux élus se sont exprimés publiquement lors du conseil municipal, pointant des méthodes jugées brutales et un manque de dialogue.
À Saint-André, le climat se tend à mesure que s’approchent les municipales de 2026. Deux figures de la majorité municipale de Joé Bédier, Primilla Cevamy et Jean-Thierry Assicanon, ont perdu leurs délégations cette semaine, sur décision du maire. Un retrait justifié officiellement par une « logique de travail » et la volonté de resserrer les rangs avant la bataille électorale. Mais les intéressés, eux, présents au conseil municipal dénoncent une décision brutale et une absence d’explications. Ils s'en expliquent au micro.
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Primilla Cevamy, 3ᵉ adjointe en charge notamment de l’animation et de la politique de la ville, a pris la parole avec gravité devant le conseil. Dans une intervention solennelle, elle a retracé son parcours aux côtés de Joé Bédier depuis 2013, se présentant comme une militante engagée « jusqu’à l’épuisement » pour la campagne de 2020. « J’ai toujours agi dans le respect des habitants, des équipes, de l’institution », a-t-elle martelé, regrettant de n’avoir « jamais pu accéder à un véritable dialogue » avec le maire. La jeune élue a dénoncé un fonctionnement replié sur un cercle restreint, « une forme d’arrogance et de mépris », tout en affirmant quitter ses fonctions « la tête haute », fidèle à ses convictions.
Jean-Thierry Assicanon, 11ᵉ adjoint en charge du handicap, s’est également défendu d’être un élu « qui râle » ou « qui ne travaille pas », comme le laissait entendre Joé Bédier. Évoquant ses actions menées sur le terrain, il a rappelé ses multiples engagements auprès des familles, et son implication quotidienne malgré, dit-il, un manque total de moyens. « Pendant cinq ans, je l’ai supplié de tenir ses promesses », a-t-il confié, se disant amer d’avoir été écarté pour avoir osé dénoncer l’inaction de la municipalité en faveur des personnes en situation de handicap.
Le conseil municipal se poursuit actuellement.


