Saint-André : Judex Therméa privé de Dipavali, les chevaux remplacés par des bœufs

Pour la première fois depuis plus de 20 ans, le propriétaire de l'écurie Therméa n'a pas été retenu pour le défilé. Il dénonce une “décision politique” de la mairie. La commune évoque un “choix artistique et culturel”.
Pour la première fois depuis plus de vingt ans, les chevaux de l’écurie Therméa ne clôtureront pas le défilé du Dipavali de Saint-André. Son propriétaire, Judex Therméa, crie à « l’injustice » et dénonce une « décision politique » de la mairie, tandis que la municipalité assure qu’il s’agit d’une évolution voulue du défilé.
« Vingt années de présence, d’efforts et de passion, balayées sans explication », écrit-il sur sa page Facebook, se disant « profondément blessé » par une décision qui prive « les habitants et [son] équipe d’un moment attendu chaque année avec joie et fierté ».
« Le Dipavali appartient à tous les Saint-Andréens, pas à quelques décideurs », poursuit-il, affirmant avoir appris par la presse que ses chevaux seraient remplacés par des bœufs. « Si ce n’était pas pour nuire, pourquoi ne pas m’avoir demandé mes propres bœufs ? Je suis aussi éleveur et charretier. »
« Une mise à l’écart brutale et injustifiée »
Dans un courrier adressé à la mairie, il exprime son « immense déception » face à cette exclusion, qu’il juge « brutale et injustifiée ».
« Depuis deux décennies, notre association et ses bénévoles se mobilisent sans relâche pour contribuer à la réussite de cette fête emblématique, sans jamais avoir bénéficié d’aucune aide ni subvention », affirme le cavalier. « Notre engagement n’a jamais constitué un privilège, mais la juste rémunération d’un travail attendu et plébiscité par la population. »
L’éleveur souligne également que son écurie a été fragilisée par le passage du cyclone Garance, en début d’année : « Il nous avait été promis une aide, matérielle ou financière, que nous n’avons jamais reçue. Cette décision intervient alors que nous essayons de nous relever. »

Contacté, Judex Therméa estime que cette exclusion est liée à un « règlement de comptes politicien ».
« Il y a une volonté de m’écarter. L’an dernier, c’était déjà tendu. Depuis les législatives de 2024, il y a des problèmes », avance-t-il, rappelant avoir été suppléant d’Anne Chane-Kaye-Bone Tavel, l’adjointe de Patrice Selly, face notamment à Jean-Hugues Ratenon, lui soutenu par Joé Bédier.
« Le maire dit que c’est la mairie qui décide et non le peuple. On verra bien en 2026 », lâche-t-il en forme de défi celui qui fut pourtant l'un des soutiens de Joé Bédier en 2020.
La mairie invoque une “évolution du défilé”
Du côté de la mairie, le cabinet de Joé Bédier réfute toute motivation d’ordre politique :
« Il n’y a aucune obligation contractuelle entre la mairie et les écuries Therméa, ni de devoir clôturer le défilé avec des chevaux. La volonté est de faire évoluer le défilé cette année, de proposer quelque chose de différent pour le dernier Dipavali de la mandature. La surprise est d’ailleurs en partie gâchée ».
Et de poursuivre : « Ces accusations n’ont pas de sens. La mairie est par ailleurs très sollicitée chaque année par beaucoup d’associations qui ne participent pas. Pourquoi serait-ce toujours les mêmes ? »
La mairie se défend de toute sanction d’ordre politique :
« Judex Therméa a beaucoup travaillé avec nous, nous sommes surpris par son attitude. C’est lui qui amène cette affaire sur le terrain politique. »
Quant au remplacement des chevaux par des bœufs, la mairie y voit un choix culturel assumé : « La vache correspond davantage à l’esprit du Dipavali », rappelant que l’animal est sacré dans l’hindouisme.


