Saint-André : Bédier prêt au « rapport de force » pour empêcher la carrière de Patelin

En présence d’habitants concernés par le projet de carrière, la mairie a renouvelé ce jeudi lors du conseil son opposition forte au projet de carrière de Patelin. Alors que les voies de recours touchent à leur fin, Joé Bédier appelle au « rapport de force » et donc à la mobilisation populaire, sur le modèle de celle de Bois-Blanc.
En début d’après-midi dans son bureau, puis en préambule du conseil municipal ce jeudi soir via l’adoption d’une motion, Joé Bédier a répété son opposition forte à l’implantation d’une carrière de type alluvionnaire de 23 ha pour une durée de 25 ans sur le secteur de Chemin Patelin.
Les mots sont forts : « Jusqu’à ma dernière force, je me battrai », lance le maire de Saint-André, opposé dès la première heure au projet porté par la société Préfabloc Agrégats.
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Sécurité et équité territoriale en question
Un projet qui pose pour l’élu des « problèmes de sécurité » avec une rotation de camions chiffrée à « 400 par jour » sur des routes qui ne sont pas calibrées pour (RD 47).
« La sécurité des habitants doit passer avant l'intérêt économique », insiste Joé Bédier.
Il avance également une question d’équité territoriale : « L’Est a déjà largement contribué au besoin en matériaux à travers les carrières existantes. Depuis des décennies, notre micro-région supporte l’essentiel des nuisances liées à ces exploitations : bruit, poussière, dégradation des paysages… Il est temps que l’effort soit partagé ailleurs, ce que d’autres territoires refusent ».
Une référence à la chaîne humaine déployée à Bois-Blanc, « qui a poussé les décideurs à faire marche arrière ».

Impacts environnementaux et incohérence territoriale
La mairie évoque par ailleurs un impact « environnemental et sanitaire. Ces carrières affectent la santé des habitants, perturbent la biodiversité et fragilisent les sols. Le risque hydrogéologique doit être regardé avec la plus grande prudence ».
Le maire insiste également sur une « incohérence » avec son projet de territoire : « Notre commune est engagée dans une stratégie de développement durable, de protection de son patrimoine agricole et paysager. On est en train de se battre pour redonner des terres à l’agriculture et là on nous dit que l’on remettra les terrains à l'agriculture dans 25 ans, mais on sait que ça ne se fera pas aussi facilement ».
S’il dit comprendre « le besoin en matériaux, ce serait possible s’il s’agissait d’un endroit sans habitants, sans gêne, mais ce n’est pas le cas ».
« L’État ne peut pas aussi arriver avec ses gros sabots, des gens qui souvent passent, que l’on ne voit plus deux, trois ans après. Nous, on reste », poursuit-il.
Le projet vient aussi contrarier la réalisation du futur cimetière de Patelin, prévu juste à proximité, met en avant la ville.

Des recours en voie d’épuisement
Malgré cette position, « les services de l’État ont autorisé l’exploitation, nous ne pouvons pas rester spectateurs ».
Une position qui inclut le projet de carrière de Patelin mais aussi d’éventuels autres projets à venir, sur le secteur de Bois-Rouge notamment, en défense du foncier cannier.
Joé Bédier affirme que la mairie prendra ses « responsabilités ». Un combat qui ne pourra être gagné « que si nous sommes unis », prévient dans la foulée le premier magistrat, « à l’image de ce que les habitants de l’Ouest ont fait ».
La mairie avait d’abord refusé en 2022 le permis de construire au carrier. Une procédure ensuite retoquée par le tribunal administratif.

Les riverains en première ligne
L’association GUEP (Groupement d’union et d’entente pour le Patelin) et des riverains ont, eux, demandé au tribunal administratif l'annulation de l'autorisation d'exploitation accordée par la préfecture. Mais les premières conclusions leur sont défavorables, dans l’attente du délibéré prévu la semaine prochaine. En cas de rejet de leur requête, un appel ne serait pas suspensif.
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Interrogés avant le conseil, ses membres regrettaient que la mairie n’ait pas également déposé de recours, malgré la présence du responsable du service juridique de la mairie à l’audience. Un recours qui n’aurait pas changé la donne, laisse entendre en réponse la mairie, qui abat désormais la carte du « rapport de force », face à ce qui devient une « impasse ».
Un non au Schéma régional des carrières
L’association regrette également que la mairie n’ait pas soumis au conseil son avis sur le Schéma régional des carrières : « Elle doit donner son avis, on ne voit pas son soutien », commentait l’un de ses membres avant le conseil. Un avis négatif a été transmis par courrier au préfet, précise la mairie. Le rapport avait été retiré au dernier moment pour une question de forme. Ce qui ne change pas grand-chose au final, le schéma s’imposant aux documents d’urbanisme locaux.
Interrogé sur la motion, le même membre juge « bien de la part du maire » la position défendue par ce dernier. Un appel clair à la mobilisation populaire si la justice devait valider l’autorisation d’exploitation. La mairie dit dans le même temps étudier toutes les voies de recours possibles, même si elles semblent désormais bien maigres.
Une unanimité politique sur le dossier
Interrogé avant le conseil, Jean-Marie Virapoullé a rappelé que la majorité précédente s’était déjà opposée au projet en 2019. Le groupe d’opposition a voté en faveur de la motion contre la carrière de Patelin (sortie de Jean-Marie Virapoullé).


