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Sa collègue se dit harcelée par ses "blagues graveleuses" : un homme relaxé

Ecrit par L.C – le dimanche 23 août 2026 à 13H50

Ulric* est soupçonné d'avoir harcelé sexuellement l'une de ses collègues en 2023. Il réfute les faits en bloc et parle d'une relation entre collègues "proches".

C'est en 2025 que Lydia* décide de pousser les portes de la brigade de gendarmerie de La Possession : elle dépose plainte à l'encontre d'un ancien collègue pour des faits de harcèlement sexuel. Des faits qu'elle situe entre août 2021 et février 2022.

À cette époque, elle travaille avec Ulric au Port. Ce dernier l’a "débauchée" de l’entreprise où elle travaillait pour la faire rejoindre celle dans laquelle il exerce dans le domaine commercial.

À la base, une amitié

Elle décrit des sous-entendus sexuels répétés, des blagues vulgaires et des comportements déplacés à de multiples reprises.

Entendu en audition, Ulric conteste vigoureusement les faits qui lui sont reprochés. Il reconnaît être l'auteur de plusieurs blagues potaches, mais jamais graveleuses. À la barre du tribunal correctionnel, il narre comment lui et la victime se sont rencontrés. Il connaissait la plaignante depuis une dizaine d’années lorsqu’il lui a proposé de rejoindre l'entreprise où il travaille.

"On avait de bonnes relations. On était très proches professionnellement. Elle m’appelait son binôme de choc", explique-t-il à la cour.

La victime dénonce notamment des remarques à caractère sexuel sur ses sous-vêtements, son physique, ainsi que des menaces concernant son emploi. À plusieurs reprises, il aurait menacé de "pouvoir la faire virer".

Des répercussions psychologiques

Lydia, en février 2022, consulte un médecin à la suite de cette situation. Le professionnel de santé écrit qu'elle fait de l'anxiété et est en état de choc, il lui prescrit des séances chez le psychologue et 6 jours d'ITT. Au terme de son arrêt maladie, elle quitte la boîte.

Ulric explique qu'il n'est en rien responsable de son départ : l'homme explique que Lydia était en conflit avec sa supérieure, raison de son départ. Qui plus est, peu avant l'arrêt maladie, une dispute a éclaté entre eux deux. L'homme narre qu'à chaque fois que la victime était absente ou en retard, il la défendait auprès de sa supérieure. Le point de rupture intervient en février 2022, où il a refusé de la couvrir.

Échanges de SMS et auditions de proches

À la lecture des échanges par messagerie entre la plaignante et Ulric, les textos font apparaître des plaisanteries entre les deux. De nombreuses fois, des allusions sexuelles apparaissent. Mais pas de traces indiquant que Lydia souhaite mettre un terme à leur conversation.

Les auditions des collègues de travail ne font pas état d’une relation conflictuelle entre les deux. Toutefois, certains parlent des blagues vulgaires qu'Ulric tient à son bureau. La patronne de Lydia parle même d'un "misogyne" qui s'est fait rappeler à l'ordre par le passé.

Des "failles" dans le dossier

La partie civile estime au contraire que les éléments médicaux et les témoignages permettent de confirmer la dégradation de l’état de la victime et sollicite 5 000 euros de dommages et intérêts, ainsi que 1 000 euros au titre des frais.

Le procureur reconnaît des "fragilités" dans le dossier, notamment le délai de trois ans entre les faits et le dépôt de plainte, mais estime que les éléments médico-légaux et les témoignages viennent étayer les déclarations de la victime. Il requiert une peine d'avertissement, mais surtout une interdiction d'entrer en contact avec la victime pendant trois ans.

La défense dénonce de son côté "un dossier vide" et estime que les éléments produits ne constituent pas des témoignages directs. Elle évoque également la jalousie, portant par exemple sur la différence de salaire et le contexte de l'affaire. Après délibération, le tribunal a décidé de relaxer Ulric.

*Prénoms d'emprunt

Etiquettes : Harcèlement

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