RUP : la France défend le POSEI et un statut renforcé pour les Outre-mer à Bruxelles

Réunie à Tenerife avec les représentants des régions ultrapériphériques de l’Union européenne, la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou a réaffirmé la position française : préserver les dispositifs spécifiques aux RUP, notamment le programme agricole POSEI et les fonds de cohésion européens. Dans un contexte budgétaire et géopolitique tendu, Paris appelle à une mobilisation commune de la France, de l’Espagne et du Portugal.
Réunis à Tenerife pour une rencontre consacrée à l’avenir des régions ultrapériphériques (RUP), les représentants des territoires européens éloignés du continent ont placé au cœur des discussions la question de leur statut et des moyens financiers européens qui leur sont consacrés.
Pour la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou, ces territoires occupent une place stratégique dans l’Union européenne. « Les RUP occupent une place singulière dans l’Union européenne. Elles rassemblent plus de cinq millions de citoyens et ancrent l’Union dans plusieurs bassins océaniques majeurs », a-t-elle rappelé lors de son intervention.
Selon la ministre, ces territoires contribuent notamment à la puissance maritime européenne et à la présence stratégique de l’Union dans différentes régions du monde.
Le POSEI au cœur des préoccupations
Parmi les priorités défendues par la France figure la préservation du programme POSEI, pilier du soutien européen aux agricultures ultramarines.
Ce dispositif constitue, selon Paris, un outil indispensable pour maintenir les filières agricoles dans des territoires confrontés à des contraintes structurelles fortes.
« Le POSEI constitue un instrument central pour les agricultures des régions ultrapériphériques. Il soutient des filières essentielles pour l’économie locale et contribue à la stabilité des revenus agricoles », a souligné Naïma Moutchou.
La France, l’Espagne et le Portugal ont ainsi exprimé des positions communes auprès de la Commission européenne afin de garantir la pérennité de ce dispositif dans les prochaines programmations budgétaires.
Une bataille budgétaire qui s’ouvre
L’enjeu dépasse toutefois la seule question agricole. Les discussions sur le futur cadre financier pluriannuel de l’Union européenne pourraient modifier les mécanismes de soutien aux régions ultrapériphériques.
Depuis 2014, les fonds européens ont mobilisé plus de dix milliards d’euros pour soutenir l’innovation, la transition écologique et la cohésion sociale dans ces territoires.
Mais certaines propositions de la Commission européenne inquiètent les États concernés. La disparition possible de certains dispositifs spécifiques dans la répartition des fonds de cohésion suscite notamment des interrogations.
« Notre objectif est clair : garantir que les politiques de cohésion continuent de prendre en compte les réalités structurelles des régions ultrapériphériques », a insisté la ministre.
Vers une coalition des États concernés
Face à ces enjeux, Paris plaide pour une coordination renforcée entre les trois États membres qui abritent des régions ultrapériphériques : la France, l’Espagne et le Portugal.
Une initiative a ainsi été lancée au niveau européen pour renforcer cette coopération et défendre plus efficacement les intérêts des territoires ultramarins.
« Dans un contexte budgétaire contraint et avec l’actualité géopolitique que nous connaissons, il devient d’autant plus important de porter ces enjeux collectivement », a affirmé Naïma Moutchou.
Des territoires stratégiques pour l’Europe
Au-delà des dispositifs financiers, la ministre a insisté sur la dimension géopolitique des régions ultrapériphériques.
Présentes dans l’Atlantique, dans l’océan Indien ou encore dans les Caraïbes, elles constituent pour l’Union européenne un relais d’influence et de sécurité bien au-delà du continent.
« Les régions ultrapériphériques sont souvent décrites comme des territoires éloignés de l’Europe. La réalité est exactement l’inverse : elles sont l’Europe dans le monde », a-t-elle conclu.


