Risque d'explosion d'airbags : des véhicules concernés ne sont pas connus à La Réunion

À La Réunion, des centaines de véhicules circulent encore avec des airbags Takata défectueux. Alors que le ministère des Transports, relayé par la préfecture, tente d’informer les automobilistes, le manque de transparence des constructeurs entrave les opérations de remplacement.
Lancé le 7 janvier 2025, le ministère des Transports a démarré une vaste campagne d'information pour inciter les automobilistes ultramarins à vérifier et remplacer les airbags Takata défectueux. Une campagne relayée localement par la préfecture.
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Ces dispositifs, responsables de plusieurs décès, sont particulièrement dangereux dans les départements d’Outre-mer, où les conditions climatiques accélèrent leur dégradation. Cependant, la campagne se heurte à un problème majeur : le manque de coopération de certains constructeurs automobiles, comme le souligne le cabinet d'avocats Coppet qui accompagne des familles de victimes.
Le cabinet d'avocats Coppet dénonce un point clé : tous les constructeurs ne fournissent pas de listes complètes et détaillées des véhicules concernés pour l’ensemble des territoires ultramarins. À La Réunion, sur les 25 marques recensées, seulement 11 permettent une vérification via leur site dédié. Ce chiffre chute à huit pour d'autres départements d'Outre-mer, rendant le processus de remplacement encore plus chaotique.
Pourtant, les départements d'Outre-mer, notamment La Réunion, ont été confrontés à des accidents mortels en lien avec le déploiement intempestif d'airbag Takata défectueux.
Liens de vérification absents pour les Outre-mer
Le ministère chargé des Transports propose désormais une classification par région pour accéder aux informations : France hexagonale, Guadeloupe, Guyane, Martinique et La Réunion. Cependant, pour certaines marques dont les liens de vérification sont absents, une mention explicite « lien non fourni par le constructeur » est affichée. Cette absence d’accès complique le travail des réparateurs locaux et ralentit considérablement le remplacement des airbags dangereux.
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Me Coppet, qui accompagne des victimes d'accidents liés à ces airbags - 10 victimes blessées graves et 7 familles de victimes décédées -, critique sévèrement l’attitude des marques : « Sans contrainte ou encadrement de la part de l’État, les constructeurs continueront à gérer ce scandale avec une boussole purement financière. » Il appelle à une publication régulière des données comme le nombre total de véhicules concernés, le nombre de rappels effectués et en attente ou encore les modèles précis impactés par ce défaut.
En l’absence de ces informations, il devient difficile pour les automobilistes de vérifier si leur véhicule est exposé à un danger imminent. Par ailleurs, plusieurs constructeurs n’ont toujours pas assumé leur responsabilité, obligeant les victimes à porter l’affaire devant les tribunaux. Si le ministère des Transports invite les propriétaires de véhicules à vérifier leur numéro VIN sur leur carte grise, cette campagne d'information reste insuffisante sans une prise en charge plus sérieuse de la part des constructeurs. Me Coppet avertit : « Tant que des mesures coercitives ne seront pas prises, la liste des victimes continuera de s’allonger. »
Les conditions climatiques de La Réunion, combinant chaleur et humidité, aggravent le risque d’explosion des airbags défectueux. Ces derniers contiennent du nitrate d’ammonium, une substance chimique instable qui peut provoquer des éclats de métal mortels lors du déploiement.


