Retraites, pensions, arrêts maladie : ce que change le budget 2026 de la Sécurité sociale

Adopté de justesse à l’Assemblée nationale, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale acte plusieurs mesures phares pour 2026. Suspension de la réforme des retraites, revalorisation des pensions et création d’un congé de naissance : voici les principaux changements à venir.
Adopté à 247 voix contre 234 et 93 abstentions,le budget 2026 de la Sécurité sociale a finalement franchi l’obstacle de l’Assemblée nationale au terme d’un vote serré. Porté par le Premier ministre Sébastien Lecornu, ce texte, réécrit à de multiples reprises, marque la suspension de la réforme des retraites mais aussi la fin du projet de gel des pensions. De nombreux amendements parlementaires ont permis d’éviter plusieurs mesures impopulaires comme le doublement de la franchise médicale ou la baisse du remboursement des cures thermales.
La réforme des retraites suspendue
Les générations nées entre 1964 et 1968 sont les premières concernées par cette suspension. En pratique, l’âge légal de départ est abaissé de trois mois pour ces assurés, soit un gain de temps significatif pour près de 3,5 millions de personnes. La première génération qui devrait partir à 64 ans, sauf nouvelle réforme, sera celle née en 1969. Les carrières longues bénéficient également de ce gel : ceux ayant commencé à travailler avant 20 ans pourront toujours partir jusqu’à deux ans et demi plus tôt, selon leur année de naissance.
Des mesures en faveur des femmes
Le texte introduit une nouveauté pour les mères de famille. Le calcul de leur pension se fera désormais sur les 24 meilleures années pour celles ayant un enfant, et sur 23 ans pour celles ayant deux enfants ou plus, contre 25 ans jusqu’ici. Ce dispositif vise à compenser les interruptions de carrière liées à la maternité. En parallèle, les trimestres accordés pour la naissance ou l’éducation d’un enfant pourront désormais être pris en compte dans le cadre du départ anticipé pour carrière longue.
Revalorisation des pensions et prestations sociales
Contrairement à ce qui avait été envisagé, les pensions de retraite et prestations sociales ne seront pas gelées. Leur revalorisation suivra l’inflation hors tabac calculée sur les douze derniers mois, soit environ +0,9 % au 1er janvier 2026 pour les pensions de base et l’Aspa (minimum vieillesse). Les prestations familiales et aides sociales seront, elles, ajustées au mois d’avril.
Arrêts maladie et fiscalité
L’Assemblée a validé une limitation à un mois pour la première prescription d’un arrêt de travail, renouvelable pour deux mois supplémentaires. Côté financement, la contribution sociale généralisée (CSG) sur les revenus du capital est relevée, mais dans un périmètre restreint : les PEL, assurances vie et revenus locatifs sont exclus. Le rendement attendu s’élève à 1,5 milliard d’euros. Par ailleurs, une surtaxe exceptionnelle d’un milliard d’euros touchera les complémentaires santé, une mesure qui pourrait se répercuter sur le montant des cotisations.
Nouvelles politiques de santé et de famille
Le texte crée le réseau France Santé, censé réduire les déserts médicaux. Objectif : garantir à chaque citoyen un accès à un professionnel de santé à moins de trente minutes de son domicile. Les maisons de santé, centres et pharmacies labellisés pourront recevoir jusqu’à 50 000 euros d’aide, sous conditions (absence de dépassements d’honoraires, ouverture cinq jours sur sept…).
Autre avancée, un congé de naissance sera instauré dès le 1er janvier 2026, venant s’ajouter aux congés maternité, paternité et d’adoption. D’une durée d’un à deux mois, il sera indemnisé à hauteur de 70 % du salaire net pour le premier mois et 60 % pour le second.
Un effort supplémentaire pour l’hôpital
Enfin, le gouvernement a revu à la hausse l’objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam), porté à +3 % au lieu de +1,6 % initialement prévu. Ce geste, réclamé par la gauche et les professionnels du secteur, vise à mieux répondre aux besoins de financement des hôpitaux et de la médecine de ville.
Ce vote, acquis de justesse, devra encore être confirmé au Sénat. Mais l’Assemblée nationale aura le dernier mot pour sceller ce budget social 2026.


