Retour au pays des policiers réunionnais : GPX 974 continue le combat

Vendredi soir, plus de 200 personnes étaient réunies salle Candin, à Saint-Denis, pour assister au premier grand rassemblement du collectif GPX 974.
Idriss Rangassamy, ce fonctionnaire de police de retour au pays après des années passées en métropole, a pu faire le point sur le combat du collectif qu'il a fondé il y a plus de trois années. Les familles de fonctionnaires, elles, ont pu exposer leurs difficultés, en présence de nombreux élus, dont cinq parlementaires (Huguette Bello, Thierry Robert, Ericka Bareigts, Monique Orphé, Jacqueline Farreyrol).
600 Réunionnais demandent à revenir
"Aujourd'hui on veut tirer la sonnette d'alarme pour tous nos camarades qui sont en métropole et qui demandent à revenir dans un délai assez correct, et pas attendre 25 ou 30 ans pour revenir. Nous voulons sensibiliser les familles, les politiques et les syndicats pour le changement des règles de mutation dans la police nationale et plus tard dans toute la fonction publique", souligne Idriss Rangassamy, qui officie depuis peu à Malartic.
"Un peu plus de 600 Réunionnais demandent à revenir dans le département", ajoute Idriss Rangassamy. "Cette année, il fallait 26 ans d'ancienneté pour pouvoir rentrer. Il n'y a aucun réunionnais qui rentre dans ce critère", détaille-t-il.
"Ce qui est très difficile dans ce dossier c'est que la règle a changé, souligne la députée-maire de Saint Paul. A un moment, c'était l'ancienneté de la demande du policier qui était prise en considération. Maintenant c'est l'ancienneté dans le métier qui compte. Il y a huit ou neuf commissariats qui ferment sur le territoire de la France hexagonale et ce sont ces policiers qui exerçaient dans ces commissariats, pas forcément des Réunionnais, qui sont renvoyés ici", estime Huguette Bello.
"J'ai peur qu'il craque"
Pour les familles qui attendent le retour de leur proche, l'attente est difficile à vivre. C'est ce que confirme Christiane Lameilleur, une Saint-Pauloise âgée de 67 ans, dont le fils, Eddy, se trouve dans une situation très compliquée en métropole. Christiane est donc venue au rassemblement de GPX 974 pour trouver un peu de soutien.
"Mon fils est dans une situation très difficile. Il est en métropole depuis 11 ans et depuis l'année 2011, après son divorce, il a demandé sa mutation à la Réunion", explique cette maman. Eddy habite près de Beauvais mais travaille à Cergy-Pontoise. Il foit donc faire 100 km par jour aller retour pour se rendre à son travail. D'après sa mère, Eddy est "dans une situation catastrophique tant au niveau de la santé que financier". Éloignés de leur mère, qui vit à la Réunion, les enfants d'Eddy vivent également très mal la situation. "A 10.000 km, quand on est seul dans sa maison avec ses enfants, il n'y a pas grand monde qui vient vous aider. J'ai peur qu'il craque un jour...", souligne Christiane.
Le collectif GPX 974 continue donc son combat. Le collectif entend interpeller Manuel Valls lorsque celui-ci viendra à la Réunion. D'ici là, il sollicitera un rendez-vous avec le préfet et s'apprête à envoyer une pétition adressée au président de la République. GPX 974 souhaite en priorité que les centre des intérêts moraux et matériels (CIMM) soient pris en compte dans la police et que l'on revienne à l'ancienneté de la demande de mutation.
Le collectif est attentif à propos du rapport sur la régionalisation des emplois que va rendre le député Patrick Lebreton, Ce dernier a d'ailleurs rencontré le collectif, qui a pu faire part de ses propositions. "On attend beaucoup de ce rapport", confirme Idriss Rangassamy.


