Rentrée 2011 : 162 emplois non renouvelés

16.000 emplois au niveau national ne seront pas renouvelés, c'est-à-dire que les départs à la retraite ne seront pas remplacés. Le Recteur de la Réunion, Mostafa Fourar, a tenu à le préciser: "Il ne s'agit en aucun cas de licenciements". Pour notre Département, cela concerne 162 emplois.
Un effort qui "est moins important que pour d'autres territoires. En comparaison au sein des DOM, l'effort demandé aux Antilles est plus lourd. Et si l'on compare une Académie similaire à celle de la Réunion comme Besançon (environ le même nombre d'élèves, un budget quasi-identique), là encore la Réunion est plutôt bien lotie", insiste le Recteur.
Tous les ans, la même rengaine
Pour Christian Picard, le secrétaire général de la FSU, "tous les ans, on nous annonce que la Réunion est chanceuse, qu'elle souffre moins par rapport à d'autres de la politique gouvernementale. Je rappelle qu'alors qu'on ferme des classes ailleurs par manque d'élèves, ici on est obligés de construire de nouveaux collèges et lycées pour répondre à une forte demande", affirme-t-il. Ce matin, le Recteur prévenait : "Que l'on ne dise pas que cette variation va bouleverser la rentrée, chaque année j'entends dire que la rentrée prochaine sera catastrophique".
Échec scolaire, absentéisme, illettrisme, jeunes diplômés en difficultés… Christian Picard rappelle, pêle-mêle, les "nombreuses difficultés que connaît la Réunion en matière d'éducation. Le Recteur doit avoir le courage de dire à son ministère : la Réunion ne peut pas se permettre de diminuer ses moyens", souligne le syndicaliste qui n'hésite pas non plus à rappeler que "nous sommes l'académie numéro un en terme d'emplois précaires".
Face à cette réduction des effectifs, Mostafa Fourar affirme s'être attaché à optimiser les moyens déjà existants afin que la qualité de l'enseignement, les projets pédagogiques et surtout le nombre d'élèves par classe, n'en pâtissent pas. "J'ai souhaité ne pas augmenter le nombre d'élèves par classe. C'est très important pour moi", justifie-t-il avant d'énumérer les leviers qui vont permettre de résorber ces emplois non renouvelés.
Réduction des charges de service
Dans le premier degré, l'évolution démographique permet déjà de favoriser une réduction de postes puisque, selon le Rectorat, on compte 450 élèves de moins qu'à la précédente rentrée. Par ailleurs, le Recteur annonce que les enseignants habilités à enseigner les langues étrangères vont être sollicités. Moins de vacataires seront donc appelés pour gérer ces enseignements. Il est également à prévoir un resserrement des réseaux hors les classes.
Dans le second degré, l'Académie de la Réunion prévoit une réduction des charges de service. L'enseignant devra assurer sa charge d'enseignement et pour d'éventuelles missions, il pourra être payé en heures supplémentaires au lieu d'être déchargé.
Mostafa Fourar a par ailleurs souligné qu'il avait jugé important que les deux secteurs que sont l'éducation prioritaire et les élèves handicapés ne subissent aucune conséquence liée aux emplois non renouvelés, ce que Christian Picard a estimé "normal car les budgets sont déjà totalement insuffisants au regard de la situation".
Le Recteur a également annoncé que la dotation de fonctionnement de l'Université de la Réunion est encore en augmentation et qu'aucune suppression de poste n'est à déplorer. "Les grèves sont sans doute passées par là", ironise le représentant syndical de la FSU à ce sujet.



