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Renouvellement des flottes ultramarines : l’Europe ouvre enfin la voie aux petits pêcheurs réunionnais

Ecrit par J.D. – le mardi 13 janvier 2026 à 11H18
(Photo d'illustration)

Après plus de quinze ans de mobilisation, la Commission européenne a publié de nouvelles lignes directrices autorisant, sous conditions, le renouvellement des navires de pêche de moins de 12 mètres dans les régions ultrapériphériques. Une avancée saluée par la sénatrice réunionnaise Audrey Belim, qui y voit une reconnaissance tardive mais essentielle des réalités de la pêche artisanale ultramarine.

C’est un tournant très attendu par les pêcheurs ultramarins. La Commission européenne a officiellement acté de nouvelles lignes directrices permettant d’assouplir les règles encadrant le renouvellement des flottes de pêche de moins de 12 mètres dans les régions ultrapériphériques. Un changement de doctrine qui rompt avec une approche longtemps jugée inadaptée aux réalités locales et qui reconnaît enfin que la pêche artisanale ultramarine n’est pas responsable de la surexploitation des ressources marines.

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Pour la sénatrice Audrey Belim, cette décision marque "l’aboutissement de plus de quinze ans de combat collectif". La parlementaire rappelle avoir elle-même interpellé le commissaire européen à la pêche, Costas Kadis, afin de faire valoir les spécificités des bassins ultramarins, notamment à La Réunion : une flotte vieillissante, majoritairement composée de petits navires, des conditions de navigation exigeantes et une dépendance économique forte des territoires à la pêche côtière. Des échanges qui ont contribué à faire évoluer la position européenne vers une approche plus différenciée, tenant compte des contraintes structurelles propres aux Outre-mer.

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Cette évolution ouvre la voie à des aides publiques au renouvellement des flottes

Concrètement, ces nouvelles orientations permettent désormais une analyse plus souple de l’équilibre entre la capacité de pêche et les ressources disponibles pour les navires de moins de 12 mètres. Elles prennent en compte la diversité des espèces ciblées, les contraintes climatiques et économiques, ainsi que le rôle social central de la pêche artisanale dans l’emploi local et la stabilité des communautés littorales. Sous réserve du respect des critères scientifiques, cette évolution ouvre la voie à des aides publiques au renouvellement des flottes, jusque-là très encadrées, voire interdites.

La sénatrice salue également la mobilisation des eurodéputés socialistes, des organisations professionnelles et des pêcheurs ultramarins, à La Réunion comme à Bruxelles. "Ce combat collectif a permis une réelle avancée", souligne-t-elle, tout en rappelant que ce nouveau cadre ne constitue pas un chèque en blanc. Seuls les segments de flotte reconnus comme équilibrés pourront bénéficier de ces dispositifs, avec l’objectif affiché de moderniser les navires sans accroître la pression sur les ressources.

Au-delà des enjeux économiques, Audrey Belim insiste sur une question de sécurité et de conditions de travail. Le renouvellement des navires doit permettre d’améliorer la sécurité à bord, l’efficacité énergétique et le confort des marins-pêcheurs. Une avancée majeure pour des professionnels longtemps confrontés à des outils de travail vieillissants, et qui attendent désormais que cette reconnaissance européenne se traduise rapidement en projets concrets sur le terrain.

Etiquettes : Europe | Pêche

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