Régionales : Philippe Cadet prêt à créer la surprise

"Nous, contrairement à d’autres, nous avons un projet. C’est le projet qui compte. Il faut que si les hommes partent, le projet reste", souligne Philippe Cadet en guise de préambule de sa conférence de presse. Entouré de ses colistiers, le leader de la liste "Le projet réunionnais" a fustigé les politiques régionales depuis 50 ans.
"Le développement, c’est de mettre un moteur sous le capot et pas seulement dépenser l’argent venu de métropole ou de l’Europe", souligne-t-il. Un avis partagé par son colistier Johny Arnachellum, pour qui "les élus achètent la paix sociale par l’assistanat. Nos politiques sont des professionnels de la main tendue à Paris".
Un développement endogène
Pour arriver à ce développement économique d’ici 2040, Philippe Cadet a défini 3 axes majeurs. Le premier consiste en un développement d’alternatives aux grands monopoles qui existent sur l’île. Le deuxième point va consister à chercher l’autosuffisance dans tous les domaines (alimentaire, énergétique, financement et formation). Le troisième axe consiste à s’ouvrir sur le monde.
Pour ce dernier point, le candidat mise notamment sur le terroir réunionnais qui fournira des produits de luxe. "Au Japon, la tasse de café Bourbon pointu est à 70€. En Autriche, nos fruits de la passion, qui coûtent 4€ ici, coûtent 55€. Ce sont des prix qui peuvent absorber nos coûts de salaire. Donc il nous faut viser le très haut niveau pour aller sur le niveau mondial", indique-t-il.
Sur l’ouverture au monde, il estime que c’est une porte de salut pour l’île. Philippe Cadet estime qu’il faut renforcer la coopération régionale sur l’autosuffisance alimentaire avec nos voisins de la zone. Mais cette démarche d’ouverture ne s’arrête pas là.
La tête de liste veut profiter de la situation réunionnaise, qui est la porte d’entrée de l’Union européenne dans l’océan Indien. L’idée serait de transformer les matières premières d’autres pays sur l’île, ce qui leur permettrait d’éviter les taxes à l’importation européenne. Philippe Cadet voudrait également inciter des pays comme l’Inde ou la Chine à investir dans des lieux de production pour éviter de payer ces mêmes taxes.
Pour soutenir les entrepreneurs locaux, Philippe Cadet veut mettre en place un Fonds d’investissement souverain réunionnais qui pourrait servir de cautionnaire auprès des banques. Ce même fonds pourrait soulager les agriculteurs.
Enfin, concernant l’étiquette de nationaliste qui lui colle à la peau, Philippe Cadet veut être clair. "Nous nous sentons français. Le général de Gaulle disait que la France est une nation composée de plusieurs peuples. Nous n’avons rien contre personne, nous voulons juste faire pour nous", indique-t-il.


