Ratenon : "Les fonctionnaires de passage à La Réunion préfèrent flatter Paris"

Jean-Hugues Ratenon s’exprime alors que le territoire de La Réunion doit composer avec ses premiers décès directement imputables au chikungunya. Selon le député de la 5ème circonscription, les fonctionnaires de l’île préfèrent masquer la réalité du terrain aux gouvernants nationaux, ce qui amènerait Paris à ne pas prendre de décision à la hauteur de l’enjeu sanitaire du chik. Découvrez le communiqué du député estampillé La France Insoumise.
La situation du chikungunya empire et prend une nouvelle tournure aujourd’hui avec l’annonce de 2 décès : 2 personnes aimées par leurs proches.
Ce n’est pas faute d’avoir alerté à de nombreuses reprises sur le risque d’un retour de l’épidémie. Mais les choses ont continué comme si de rien n’était, hormis d’élever le niveau d’alerte. Mais pas de moyens humains à la hauteur des besoins !
Faut-il rappeler que face à un ennemi, il faut une armée de combattants pour démoustiquer ? Nous savons faire, nous avons de la ressource humaine. Pourquoi l’Etat refuse t-il de réagir, d’anticiper ?
Cette annonce de 2 décès et de 8749 cas depuis aout 2024 ne peut qu’effrayer une population déjà traumatisée par le cyclone Garance.
Cela aura pour conséquence de surcharger les cabinets médicaux et les hôpitaux dont nous connaissons l’état et cela, malgré tout le dévouement des personnels que je salue.
Cette situation aura des conséquences sur l’état de fatigue de nos soignants mais aussi des conséquences sur les autres soins liés à d’autres pathologies.
Le rôle d’un parlementaire, c’est avant tout d’alerter, de faire des propositions mais aussi de contrôler les politiques publiques. Force est de constater qu’aujourd’hui, les fonctionnaires d’Etat désignés par les Ministères sont là pour protéger le gouvernement et non les populations qu’ils ont en charge.
C’est pour cette raison que les fonctionnaires en poste et de passage ici à La Réunion préfèrent flatter Paris que de dire la vérité au détriment des Réunionnais.
Le gouvernement a beau jeu aussi de laisser se développer des crises en lien avec l’insécurité, la situation sanitaire, la non-préparation des catastrophes naturelles, pour pouvoir faire de la com’ et faire oublier les autres problèmes que rencontrent notre territoire.
Depuis toujours, les PEC jouent un rôle extrêmement important dans la politique de service à la personne, mais aussi dans la lutte anti-vectorielle afin de freiner les maladies telles que la dengue, la leptospirose et le chikungunya.
Alors que nous alertons depuis fin 2024 sur l’arrivée du chikungunya, comment se fait-il que dès le début d’année, l’Etat annonce une baisse des emplois aidés, de sa prise en charge et une révision des critères d’éligibilité ?
Comment se fait-il que France Travail par la voie du Préfet décide actuellement de ne plus signer les contrats ? Quelle explication alors que nous sommes face à la menace du chikungunya ?
A ce rythme, il risque d’y avoir d’autres morts, et des morts que nous pouvons éviter.
J’attire aussi l’attention que cette crise sanitaire entrainera automatiquement de graves impacts sur notre économie déjà fragile comme le tourisme mais aussi sur les autres secteurs d’activités avec probablement une augmentation des arrêts maladie.
Devant le danger qui nous guette, j’invite ainsi les collectivités de La Réunion, mairies, Région, Département, et les associations qui sont les bénéficiaires des PEC, à agir vite et à demander des comptes au Préfet. Il n’y a plus de temps à perdre. Soyons solidaires.


