Ratenon et Gaillard dénoncent un "chaos politique" et réclament une présidentielle anticipée

Crise politique, budget d’austérité, perte de pouvoir d’achat : les députés Rézistan’s – LFI Jean-Hugues Ratenon et Perceval Gaillard réclament un changement radical de cap et la fin du quinquennat Macron.
Les députés de la 5e et de la 7e circonscription, Jean-Hugues Ratenon et Perceval Gaillard, ont tenu ce mardi 14 octobre une conférence de presse à Saint-Denis pour évoquer le nouveau gouvernement dirigé par Sébastien Lecornu, le budget 2026 et leurs propositions pour La Réunion et les Outre-mer. Dans un contexte de tensions politiques croissantes, les deux élus ont appelé à une présidentielle anticipée et à la dissolution de l’Assemblée nationale, estimant qu’Emmanuel Macron est le principal responsable de la crise actuelle.
"Emmanuel Macron est le responsable de la crise"
"Le pays entier a compris que le responsable de la crise, c’est Emmanuel Macron", a déclaré Perceval Gaillard, député de la 7e circonscription. Selon lui, même des figures de la droite comme Édouard Philippe reconnaissent aujourd’hui la responsabilité du chef de l’État dans la paralysie politique du pays. Le parlementaire déplore qu’aucune issue institutionnelle ne semble possible à court terme, "puisque le président ne semble pas prêt à démissionner" et que des forces politiques, "dont le Rassemblement national, bloquent toute tentative de destitution". "La seule solution, c’est de passer par une présidentielle anticipée et de dissoudre l’Assemblée nationale pour redonner du sens à la démocratie", a-t-il insisté.
De son côté, Jean-Hugues Ratenon a tenu un discours tout aussi tranchant. "Le problème est bien identifié : c’est Emmanuel Macron. Il doit démissionner. S’il ne le fait pas, c’est à nous parlementaires d’engager la procédure de destitution prévue par l’article 68 de la Constitution", a affirmé le député de la 5e circonscription, regrettant que cette procédure ait déjà été bloquée à deux reprises par le Rassemblement national. Pour lui, il est temps que le débat ait lieu publiquement, devant les Français, afin de trancher la question de la responsabilité politique du président.
Ratenon et Gaillard voteront la motion de censure
Les deux élus ont également annoncé leur intention de voter la motion de censure contre le gouvernement de Sébastien Lecornu. Selon eux, le projet de loi de finances 2026 ne répond pas aux attentes des Français et encore moins à celles des habitants des Outre-Mer. Perceval Gaillard n’a pas mâché ses mots : "C’est un budget récessif et injuste. Les Réunionnais vont payer deux fois plus cher leurs médicaments, certaines affections de longue durée ne seront plus remboursées, et les dotations aux collectivités comme aux associations vont baisser. C’est une double peine pour La Réunion."
Il a rappelé qu’à ce jour, plus de 400 associations réunionnaises ont dû fermer leurs portes, victimes de coupes budgétaires répétées.
Jean-Hugues Ratenon partage ce constat et dénonce "un budget d’austérité" calqué sur celui du précédent gouvernement Bayrou. "Ce budget n’est qu’un arrangement à la marge de celui de François Bayrou, déjà censuré. Il faut aller vers une dissolution de l’Assemblée nationale et redonner la parole au peuple", a-t-il martelé.
Rézistan’s veut défendre ses amendements malgré la crise politique
Malgré la crise institutionnelle, les deux députés affirment rester mobilisés pour défendre les intérêts de La Réunion. Perceval Gaillard a indiqué que, même en cas d’échec de la motion de censure, ils continueront à porter leurs propositions au Parlement : la gratuité du stationnement dans les hôpitaux, la réforme de l’ASPA (ex-minimum vieillesse), la réduction des taxes foncières et des mesures pour alléger le coût de la vie. Il espère également que le gouvernement renoncera à l’usage du 49.3 afin de permettre un véritable débat démocratique sur ces sujets.
Jean-Hugues Ratenon a, lui, mis l’accent sur plusieurs mesures concrètes pour améliorer le pouvoir d’achat des Réunionnais : la suppression de la retenue sur succession liée à l’ASPA pour permettre aux personnes âgées de vivre dignement, la péréquation tarifaire pour les colis postaux, la régulation des tarifs bancaires et des mutuelles, ou encore l’exonération de la taxe foncière pour les foyers modestes. "Les prix explosent à La Réunion, il faut agir maintenant", a-t-il insisté.
Alors que la motion de censure doit être débattue dans les prochaines heures, les deux députés se disent prêts à tous les scénarios : maintien du gouvernement, dissolution de l’Assemblée nationale ou élection présidentielle anticipée. "Nous devons être prêts à toutes les situations", a conclu Perceval Gaillard, rappelant que leur mouvement "continuera à défendre La Réunion et les Outre-mer, quoi qu’il arrive".


