Rappels de laits infantiles à La Réunion : l’État muscle les contrôles et suspend un point de vente

Face à une campagne nationale de retraits et rappels de laits infantiles, les services de l’État à La Réunion ont engagé un suivi renforcé de l’application des mesures sanitaires, multipliant les contrôles dans les circuits de distribution. Plus de quarante inspections ont déjà été menées sur l’île, aboutissant à la suspension immédiate de la vente de laits infantiles dans un établissement de Saint-Leu, après la mise en évidence de non-conformités majeures.
La vigilance est toujours aussi accrue autour de la sécurité des produits destinés aux nourrissons. Les autorités préfectorales affirment "leur mobilisation totale pour garantir l’effectivité des retraits et rappels décidés au niveau national". Cette campagne concerne plusieurs lots de préparations infantiles dont la commercialisation a été interrompue à titre de précaution, conformément aux directives du ministère de l’Agriculture et de la souveraineté alimentaire.
À La Réunion, ce suivi se traduit par une "intensification des contrôles de terrain", confirment les autorités, menés par les services de l’État et notamment par la Direction de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (DAAF). Ces inspections visent à s’assurer que les produits concernés sont effectivement retirés des rayons et qu’aucune vente ne subsiste, que ce soit en pharmacie, dans les petites, moyennes ou grandes surfaces, ou encore au sein des plateformes logistiques de distribution.
Non-conformités dans une grande surface de Saint-Leu
Selon la préfecture, "plus de quarante contrôles ont déjà été réalisés" dans l’ensemble de ces circuits. Si la grande majorité des établissements inspectés se sont révélés conformes aux obligations de retrait-rappel, les contrôleurs ont toutefois relevé des non-conformités majeures dans un seul point de vente, le Super U de Piton Saint‑Leu. L’établissement a immédiatement fait l’objet d’un arrêté de suspension de l’activité de vente de laits infantiles, mesure administrative destinée à prévenir tout risque pour les consommateurs.
Les autorités précisent que les contrôles se poursuivent sur l’ensemble du territoire réunionnais et qu’"aucun relâchement ne sera toléré dans l’application des consignes". Le double objectif affiché est donc de "garantir la protection sanitaire des nourrissons" et de "maintenir la confiance des familles dans les dispositifs de sécurité alimentaire".
Lire aussi : Laits infantiles : La Réunion a-t-elle un temps été oubliée des rappels massifs ?
Tous les produits concernés par les retraits et rappels en cours sont listés et régulièrement mis à jour sur le site officiel RappelConso, plateforme gouvernementale dédiée à l’information du public sur les produits présentant un risque. Les services de l’État recommandent aux parents de consulter ce site de manière régulière afin de vérifier si les lots qu’ils détiennent figurent parmi ceux concernés.
Des recommandations spécifiques ont également été adressées aux familles dont les enfants auraient consommé un produit issu des lots rappelés. Les personnes concernées sont invitées à cesser immédiatement toute consommation de ces produits et à se conformer strictement aux consignes figurant sur les fiches de rappel. En cas de symptômes digestifs persistants survenant après la consommation (tels que vomissements, diarrhées ou douleurs abdominales), il est fortement recommandé de consulter un médecin en lui signalant explicitement l’ingestion d’un produit concerné par un retrait-rappel.
"Priorité absolue"
Les autorités rappellent par ailleurs qu’en situation d’urgence, les parents doivent contacter le 15 afin de permettre une prise en charge médicale rapide et adaptée.
À travers cette mobilisation renforcée, l’État entend rappeler que les procédures de retrait et de rappel constituent un "outil essentiel de prévention", fondé sur le principe de précaution. Si ces mesures peuvent susciter inquiétude et incompréhension, notamment chez les jeunes parents, les autorités soulignent qu’"elles visent avant tout à réduire au maximum tout risque potentiel pour une population particulièrement vulnérable".
La préfecture réaffirme enfin que la sécurité sanitaire des nourrissons demeure une "priorité absolue", et que l’ensemble des services de l’État reste pleinement engagé pour assurer l’application rigoureuse des décisions prises au niveau national, dans un cadre de transparence et d’information du public.


