Laits infantiles : La Réunion a-t-elle un temps été oubliée des rappels massifs ?

Depuis plusieurs semaines, les rappels de laits infantiles s’enchaînent en France et en Europe. En cause, la possible présence de céréulide, une toxine bactérienne susceptible de provoquer des troubles digestifs chez les nourrissons, qui pourrait être responsable du décès brutal de deux nourrissons. Rapidement, l’inquiétude a gagné les parents… et les réseaux sociaux, où la question est revenue avec insistance : "Les Outre-mer ont-ils un temps été oubliés ?" Nous avons vérifié.
Des rappels bien réels, y compris à La Réunion
Contrairement à certaines affirmations circulant en ligne, des lots de laits infantiles rappelés ont bien été commercialisés à La Réunion. Selon les informations relayées par Zinfos974, près de 120 lots ont été concernés par un rappel massif décidé après un abaissement du seuil sanitaire européen lié à la céréulide. Parmi eux figurent des références distribuées localement, vendues en pharmacies et en grandes surfaces de l’île.
Ces rappels concernent plusieurs marques bien connues des parents, issues de grands groupes agroalimentaires, et s’inscrivent dans une démarche préventive, sans qu’aucun cas grave n’ait été officiellement attribué à ce jour aux produits incriminés.
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Ce que dit précisément le ministère de l’Agriculture
Face aux interrogations persistantes, le ministère de l’Agriculture, de l'Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire, en charge de ce dossier sensible et que nous avons sollicité, apporte plusieurs clarifications essentielles.
D’abord, il confirme que certaines fiches publiées sur le site officiel RappelConso mentionnent explicitement les Outre-mer, ou détaillent les régions concernées. Ensuite, point central souvent mal compris : "Lorsqu’une fiche indique “France entière”, cela signifie que les Outre-mer sont susceptibles d’être concernés, au même titre que les régions hexagonales".
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Autre élément clé souligné par les autorités : les points de vente concernés dans les territoires ultramarins (notamment les pharmacies) ont l’obligation d’apposer une affichette de rappel, comme partout ailleurs sur le territoire national. Ce qui est actuellement (et théoriquement) fait devant les officines concernées et les autres commerces.
En revanche, le ministère reconnaît une limite importante du dispositif, puisqu'il ne "dispose pas d’une liste des produits rappelés par région". "Les rappels sont gérés par numéros de lots, et non par zone géographique", précisent encore les autorités. Une contrainte technique qui explique pourquoi certains parents ont eu le sentiment d’un flou (voire d’un silence) concernant La Réunion.
Pourquoi cette impression d’oubli persiste
Si les Outre-mer ne sont pas exclus des rappels, la perception locale raconte une autre histoire. Plusieurs facteurs alimentent la confusion. D’abord, parce que les circuits d’approvisionnement diffèrent parfois de ceux de l’Hexagone. En clair, un même lait, sous le même nom commercial, peut provenir de lots distincts.
Ensuite, la communication nationale, très technique, privilégie les références et les numéros de lots au détriment d’une lecture territoriale claire. Enfin, sur les réseaux sociaux, des messages alarmistes sont partagés sans vérification, nourrissant l’idée d’un traitement à deux vitesses.
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Ce que doivent faire les parents
La règle est simple, ce n’est donc pas la marque qui compte, mais le lot. Les parents sont invités à vérifier scrupuleusement les numéros inscrits sur les boîtes qu’ils utilisent, à consulter les fiches officielles sur RappelConso, et à suivre les consignes indiquées en cas de rappel. En cas de doute ou de symptômes chez l’enfant, un professionnel de santé doit être contacté.
Alors non, La Réunion n’a pas été oubliée. Oui, des lots rappelés ont bien été vendus sur l’île. Mais la gestion nationale, fondée sur la traçabilité par lot et non par territoire, laisse subsister des zones d’ombre dans la communication, particulièrement ressenties dans les Outre-mer et à La Réunion.
En matière de santé publique, "la transparence ne se mesure pas seulement aux procédures mises en place, mais aussi à la lisibilité de l’information pour les citoyens", appuie une source proche du dossier.


