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Rachat de Vindémia par GBH: Amine Valy s'adresse aux élus réunionnais

Amine Valy, directeur du groupe d'action locale Grand-Sud, Terres de Volcans, a envoyé un courrier aux parlementaires et élus réunionnais ainsi qu'au président de l'observatoire des prix, concernant la gestion du dossier Groupe Bernard Hayot en cours d'instruction. "Malgré la crise du covid-19 qui nous préoccupe tous, cette affaire est d'une extrême importance pour l'économie réunionnaise", affirme-t-il. Voici le courrier, suivi d'une lettre au Président de la République:
Ecrit par zinfos974 – le mardi 31 mars 2020 à 15H54

Mesdames, Messieurs
Les député(e)s
Les sénateurs(trices)
Le Président du Conseil Régional
Le Président du Conseil Départemental

Je me permets, en tant que citoyen réunionnais et économiste, de vous alerter sur l'évolution de la procédure relative à la cession d'actifs de Vindémia au profit du groupe GBH. Au stade actuel d'information sur l'état d'avancement du dossier d'une part, et surtout sur les risques qui pèsent sur une non-décision de l'Autorité de la concurrence d'autre part, notre responsabilité collective est en jeu.

Je souhaite très humblement mais fermement que vous preniez position sur cette affaire importante pour l'avenir de notre économie, déjà très inégalitaire et déséquilibrée, afin que l'Etat à son plus haut niveau exerce son droit « d'évocation » sur ce dossier et réexamine d'autres solutions alternatives (qui existent) au scénario catastrophe en passe d'être validé. Pour une fois, la transparence sur le traitement d’un dossier d’une telle importance stratégique existe, et ce, grâce aux travaux réalisés à l’initiative de l’OPMR et à leur diffusion sur leur site. Les conclusions sont édifiantes et nous promettent l’implantation durable d’un duopole gigantesque dans le domaine de la grande distribution.

Les élus réunionnais ont une grande responsabilité dans ce contexte comme ils l’ont d’ailleurs toujours eu. Certes, il y a certes le temps électoral, le temps des stratégies politiques, etc… Bref, le temps dé-mocratique. Mais hélas, sur ce dossier, comme pour la crise sanitaire dramatique qui nous frappe, le temps nous est, là aussi, compté.
Car, aujourd’hui, la situation a changé et va encore évoluer très rapi-dement. La société réunionnaise mute (comme un virus) à une vitesse encore inégalée depuis plus de 20 ans et ces mutations s’opèrent ir-rémédiablement.
Les acteurs stratégiques se positionnent et agissent selon leurs inté-rêts. Le commerce et la distribution font partie des secteurs qui struc-turent notre territoire et notre société.

D’autres moments seront nécessaires pour évoquer d’autres sujets fondamentaux comme notamment celui de l’émancipation des réu-nionnais. Mais aujourd’hui la question de la domination économique et commerciale est déterminante pour notre avenir et surtout pour notre dignité de réunionnais. Il est très urgent d’agir maintenant ; demain il sera trop tard.

Certains font un parallèle avec la situation réunionnaise d’il y a 50 ans ; hélas, je pense que la référence historique est plutôt celle de l’époque de la Compagnie des Indes au XVIIième siècle.

Mesdames, Messieurs les député(e)s, le covid-19 ne doit pas et ne sera pas le bouc-émissaire d’un non-engagement politique.

Je vous joins donc ci-dessous le mail que j'ai envoyé au Président de l'OPMR mais également en pièce jointe une note transmise au Président de la République qui détaille les arguments à l’encontre de ce projet dévastateur pour la libre concrrence dans notre pays et le développement économique à venir. Mais :
« Demain, on ne pourra plus dire que l’on ne savait pas ! »

Je vous prie de recevoir Monsieur, Madame, le(la) Député(e), l'expression de mes sincères salutations

Amine VALY,
Réunionnais
 

 

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