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Rabaissées, insultées, violentées quand elles lui refusent un rapport sexuel

Ecrit par P.B. – le dimanche 8 décembre 2024 à 09H01

De compagne en compagne, David* a reproduit le même schéma dans lequel les femmes qui partageaient sa vie, dont la mère de son enfant, étaient davantage vues comme des objets sexuels que des personnes. Il voyait rouge dès qu'elles lui refusaient un rapport sexuel.

Dina*, ancienne compagne de David et mère de son fils, a porté plainte en avril dernier pour l'envoi réitéré de messages malveillants. Ils ne sont plus en couple, mais les deux parents ont gardé des liens notamment intimes. Leurs rapports se sont tendus quand David a constaté que Dina envoyait des messages à un autre homme. À partir de ce moment, les insultes et les menaces de diffuser des photos et vidéos de Dina prises dans l'intimité ont plu. À nouveau.

Les violences dans ce couple libertin sont en réalité apparues très rapidement. Régulièrement, David insulte, rabaisse et frappe quand elle refuse un rapport sexuel. Durant son audition, Dina a décrit plusieurs scènes de violence, dont une alors qu'elle était enceinte. David, lors d'une dispute, a déjà menacé de se suicider en posant un couteau sous sa gorge. L'homme d'une trentaine d'années n'hésite pas aussi à fouiller le téléphone et à pirater les réseaux de la jeune femme.

Sortie du lit à coups de pied

Dina n'est pas la seule à avoir vécu cet enfer auprès de David. Avant elle, Alice* avait connu sensiblement la même histoire. David a insisté pour qu'elle tente des pratiques libertines, puis se montrait jaloux, la rabaissait quand elle refusait des rapports sexuels avec lui ou un autre. L'homme l'avait déjà sortie du lit à coups de pieds ou en soulevant le matelas. À leur séparation, il avait également menacé de dévoiler aux parents d'Alice des images d'elle nue ou encore prises à son insu. Trois ans après leur relation, malgré la peur, Alice s'est décidée également à porter plainte.

Une troisième victime d'une relation plus ancienne et plus courte a été entendue durant l'enquête. Elle livre, elle aussi, un portrait peu flatteur du prévenu. “Malin, violent, ultra-possessif... dès deux semaines de relation, j'ai vu son vrai visage”.

Des rapports sexuels au moins une fois par semaine

Pour ses ex, David est addict au sexe et ne sait pas gérer la frustration. Les rapports sexuels sont utilisés comme moyen de contrôle et de violence.

D'abord fuyant, minimisant ses actes, niant des faits sans conséquence, David finit par fendre la carapace, touché par les questions du tribunal.

“Je reconnais que je peux m'énerver quand on me dit non”, avoue-t-il. “ Peut-être que je suis addict à l'alcool et au sexe”.

“Vous avez dit qu'elle devait remplir son devoir alors qu'elle avait accouché deux mois auparavant. Selon vous, quelle est la fréquence à laquelle une femme doit remplir son devoir conjugal ?”, l'interroge le tribunal. “Au moins une fois par semaine”, répond David sans comprendre encore que c'est la notion même de devoir conjugal qui faisait en réalité l'objet de la question.

À la barre, Dina confirme les faits. "Je suis choquée quand j'entends que je ne suis pas la seule victime”. Pour autant, la jeune femme tient à rassurer le tribunal. David a semble-t-il “changé et reste un bon père pour leur enfant”. Alice n'a pas fait le déplacement jusqu'au tribunal.

"J'ai arrêté le libertinage. Ce n'est pas bon pour moi".

“Je pense que je dois me faire soigner. C'est inadmissible. Je suis dégouté de moi”, lâche-t-il avant d'avouer : "j'ai arrêté le libertinage. Ce n'est pas bon pour moi".

“La lecture des trois auditions fait apparaitre la même histoire”, souligne le parquet. “ 45 jours d'ITT psychologique, c'est colossal et évidemment, cela ne résulte pas d'un fait unique. Ce sont bien des violences qui ont perduré dans le temps". 18 mois de prison avec sursis, l'obligation de travailler, de suivre des soins psychologiques et contre son addiction à l'alcool sont requis. Le représentant de la société a également demandé l'interdiction de contact et de paraitre au domicile des deux victimes.

Le tribunal a suivi le parquet. David est condamné à 18 mois de prison avec sursis pour violences habituelles, violence sur conjoint et envois réitérés de messages malveillants. Outre les obligations et interdictions demandées, David devra réaliser un stage à ses frais de sensibilisation aux violences intra-familiales, mais aussi celui contre le sexisme. “Il va falloir vous soigner, vous n'aurez pas de seconde chance”, l'alerte en revanche le tribunal. “Exceptionnellement, vous ne perdez pas votre autorité parentale, mais attention au moindre incident...”, laisse la phrase et la sanction en suspens, la présidente du tribunal. David devra enfin verser 3.000 euros de préjudice moral à Dina.

*prénoms d'emprunt

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