"L’État a oublié l’essentiel" : pourquoi Jean-Hugues Ratenon critique les nouvelles exonérations fiscales dans l’Est

Le député réunionnais Jean-Hugues Ratenon accueille favorablement le renforcement de la Zone Franche d’Activité Nouvelle Génération (ZFANG) dans l’Est de La Réunion, mais dénonce un dispositif qui, selon lui, accorde encore plus d’avantages fiscaux aux entreprises sans exiger de contreparties en matière d’emploi local. Explications.
Le gouvernement vient de renforcer le dispositif de Zone Franche d’Activité Nouvelle Génération (ZFANG) dans les six communes de la Cirest.
Bras-Panon, Saint-André, Saint-Benoît, Sainte-Rose, Salazie et La Plaine-des-Palmistes bénéficieront désormais d'exonérations fiscales renforcées pour les entreprises éligibles, avec notamment des abattements supplémentaires sur les bénéfices, la cotisation foncière des entreprises et la taxe foncière.
Une mesure que Jean-Hugues Ratenon ne rejette pas.
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"Nous ne refuserons jamais une mesure susceptible d’apporter un peu d’oxygène à certaines entreprises de l’Est, particulièrement après les conséquences du cyclone Garance", écrit le député dans un communiqué publié mercredi 3 juin.
Mais l’élu estime que le dispositif passe à côté de l’essentiel.
"Le problème n’est pas que l’État aide les entreprises. Le problème est qu’il a une nouvelle fois oublié l’essentiel : conditionner ces avantages fiscaux à des obligations concrètes d’embauche des habitants de l’Est", affirme-t-il.
Pour Jean-Hugues Ratenon, la lutte contre la pauvreté ne peut se résumer à des allégements fiscaux.
Quelles garanties ?
"C’est par le travail que l’on sort durablement de la précarité. C’est par l’emploi local que l’on redonne de la dignité, du pouvoir d’achat et des perspectives à une population qui subit depuis trop longtemps les inégalités", soutient-il.
L’élu rappelle que le renforcement du dispositif repose notamment sur un critère de pauvreté supérieur à 40 % dans les territoires concernés.
"L’État utilise la pauvreté des habitants de l’Est pour justifier des avantages supplémentaires accordés aux entreprises. Mais quelles garanties obtiennent en retour les familles concernées ? Aucune", dénonce-t-il.
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Le député liste alors ce qu’il considère comme les angles morts de la réforme : "Aucune obligation de recruter des jeunes de l’Est, aucune exigence d’embauche locale, aucun objectif chiffré de création d’emplois, aucun engagement sur la formation professionnelle."
Jean-Hugues Ratenon pointe également ce qu’il considère comme une contradiction de l’action gouvernementale.
Selon lui, alors que les exonérations fiscales sont renforcées, les moyens consacrés à l’insertion et au logement social diminuent.
Contradictions
Il cite notamment la baisse du nombre de contrats PEC à La Réunion, qui passerait de 10.000 en 2025 à 4.000 en 2026, ainsi que les inquiétudes des bailleurs sociaux concernant la diminution des crédits de la Ligne Budgétaire Unique consacrés au logement social.
"Voilà la contradiction de la politique menée par l’État : des exonérations fiscales sans obligations d’embauche d’un côté, et la suppression de moyens pour l’emploi et le logement de l’autre", estime-t-il.
Le député annonce qu’il entend porter plusieurs propositions lors de l’examen du budget 2027.
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"Je défendrai plusieurs propositions : conditionner les avantages fiscaux les plus importants à des objectifs d’embauche locale, renforcer les obligations de formation, soutenir davantage l’investissement productif et rétablir des moyens à la hauteur des besoins en matière de logement social", promet-il notamment.
Jean-Hugues Ratenon appelle également à un accompagnement renforcé de l’État pour l’aménagement des zones d’activité économique dans l’Est de l’île.
"Avec le nouveau président de la CIREST, Joé Bédier, je sais que nous pourrons parler d’une même voix pour défendre les intérêts de l’Est", conclut-il.


