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Les Français les plus modestes ont-ils davantage de risques de développer les formes de cancers les plus graves ?

Ecrit par L-H.T – le jeudi 4 juin 2026 à 14H30
Photo d'illustration

Une étude de la Drees met en lumière une réalité préoccupante : les Français les plus modestes participent beaucoup moins aux dépistages des cancers que les plus aisés. Résultat, ils sont davantage exposés aux formes les plus avancées et les plus graves de la maladie.

Face au cancer, tous les Français ne sont pas égaux. C'est le constat dressé par une étude de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees), relayée par Franceinfo.

Selon ses conclusions, les personnes les plus modestes recourent nettement moins aux dépistages organisés, ce qui augmente leur risque de découvrir la maladie à un stade plus avancé.

Les écarts sont particulièrement marqués pour le cancer colorectal.

Lire aussi : Pourquoi le cancer du col de l’utérus pourrait être évité dans 90 % des cas

Entre 2017 et 2020, les personnes appartenant aux 10 % les plus aisés ont participé deux fois plus souvent au dépistage que celles figurant parmi les 10 % les plus modestes.

L'étude souligne également que les 10 % de Français les plus modestes présentent deux fois plus de risques de développer un cancer du poumon que les 10 % les plus riches.

Même constat pour d'autres cancers.

Pour le cancer du sein, les femmes les plus aisées participent beaucoup plus fréquemment aux examens de dépistage. La Drees observe que près de 67 % des femmes appartenant au dixième le plus riche ont réalisé un dépistage organisé ou individuel, contre seulement 41,6 % pour les femmes du dixième le plus modeste.

Information disponible

Les inégalités apparaissent également pour le cancer du col de l'utérus, où les femmes les plus favorisées ont 1,6 fois plus de chances de réaliser un dépistage que les plus modestes.

Ces écarts ne s'expliquent pas uniquement par des questions financières.

La Drees évoque aussi des différences dans le rapport à la prévention, l'accès aux professionnels de santé, l'information disponible ou encore les contraintes du quotidien qui rendent parfois plus difficile la réalisation d'examens pourtant pris en charge.

Lire aussi : Risques plus élevés de cancers : conservateurs et colorants dans le viseur de nouvelles recherches ?

Or, dans le cas de nombreux cancers, le dépistage peut faire toute la différence.

Pour le cancer colorectal par exemple, les personnes diagnostiquées à un stade précoce présentent un taux de survie à cinq ans d'environ 90 %, contre seulement 14 % lorsque des métastases sont déjà présentes au moment du diagnostic.

Au-delà de la santé, l'étude rappelle ainsi le poids des inégalités sociales face à la maladie.

Car si le cancer peut toucher tout le monde, les chances de le détecter à temps restent encore largement liées au niveau de vie.

Etiquettes : Cancer | PU1

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