Risques plus élevés de cancers : conservateurs et colorants dans le viseur de nouvelles recherches ?

Des chercheurs de l’Inserm ont publié plusieurs études mettant en évidence des associations entre certains additifs alimentaires et un risque plus élevé de cancers, de diabète de type 2, d’hypertension ou encore de maladies cardiovasculaires. Des résultats qui concernent notamment des substances présentes dans de nombreux produits ultra-transformés.
Colorants, conservateurs, émulsifiants… Les additifs alimentaires utilisés par l’industrie agroalimentaire font l’objet d’une attention croissante de la communauté scientifique. Plusieurs travaux récents menés par des équipes de l’Inserm, de l’INRAE et d’universités françaises suggèrent des liens entre la consommation régulière de certains additifs et le développement de maladies chroniques.
Des études basées sur plus de 100.000 participants
Ces recherches s’appuient principalement sur les données de la cohorte NutriNet-Santé, qui suit depuis plusieurs années plus de 100.000 volontaires en France. Les scientifiques ont analysé les habitudes alimentaires des participants afin d’identifier leur niveau d’exposition à différents additifs présents dans les aliments industriels.
Selon ces études, certains conservateurs seraient associés à une augmentation du risque de diabète de type 2 et de certains cancers. D’autres travaux évoquent des liens entre plusieurs émulsifiants 6 utilisés pour améliorer la texture ou prolonger la conservation des produits 6 et une hausse du risque de maladies cardiovasculaires.
Les chercheurs s’intéressent également aux effets potentiels de ces substances sur le microbiote intestinal. Plusieurs études expérimentales ont montré que certains additifs pourraient perturber l’équilibre des bactéries présentes dans l’intestin et favoriser des phénomènes inflammatoires.
Ce que disent les autorités sanitaires sur les additifs
Les scientifiques rappellent toutefois que ces travaux mettent en évidence des associations statistiques et non des relations directes de cause à effet. D’autres facteurs liés au mode de vie, à l’alimentation globale ou à l’environnement peuvent également entrer en compte. Les auteurs appellent donc à poursuivre les recherches afin de mieux comprendre les mécanismes impliqués.
Les additifs alimentaires restent par ailleurs autorisés et encadrés au niveau européen. Leur utilisation est soumise à des évaluations régulières des autorités sanitaires. Le ministère de l’Agriculture rappelle que ces substances ont des fonctions précises, comme la conservation, la coloration ou la stabilisation des aliments.


