À Saint-Benoît, une jeune femme chute du deuxième étage après une dispute et des violences

Un homme était jugé en comparution immédiate pour deux épisodes de violences contre son ex-compagne. Il est entré en contact avec elle malgré l'interdiction.
Les faits remontent à février. Une nuit, un couple vivant à Saint-Benoît consomme alcool et stupéfiants. Bientôt, la situation dégénère et une violente dispute éclate. Des coups sont donnés de la part de monsieur et la victime doit se réfugier à plusieurs reprises dans les toilettes, poursuivie par son compagnon.
La situation semble se détendre et, tétanisé, Thomas R. donne un couteau à la victime. L'homme justifie ce geste ainsi : si elle a peur de lui, elle peut "le piquer". Madame finit par s'enfermer dans la chambre à coucher et tente une évasion par la fenêtre : nouant draps et couvertures en corde de fortune, elle les attache à la tringle du rideau.
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Or, la tringle cède et la victime chute du deuxième étage. Elle est réveillée par les pompiers tandis que son compagnon, lui, est placé en garde à vue. Finalement, il sera relâché sous contrôle judiciaire.
"J'espère que tu vas crever comme un chien"
Quelques semaines plus tard, la jeune femme reprend contact avec son ex-compagnon. Pour cause, elle doit récupérer des affaires lui appartenant. Toutefois, l'homme se montre insistant, et une relation est de nouveau entamée. Ce qui nous amène au mois de mai où, lors d'une journée, il s'en prend à nouveau à elle.
Nouvel épisode de violences : souhaitant obtenir son code de téléphone, l'homme se met à la secouer et à la mordre. C'est ce que relate un ami du couple qui, présent, maîtrise son dalon. Cette fois-ci, Thomas R. prend la direction de Domenjod et est jugé en comparution immédiate ce mercredi 3 juin.
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À la barre, le jeune Bénédictin ne nie pas les faits. Il explique avoir eu recours à des violences contre madame. Cependant, il nie farouchement avoir voulu la menacer de mort. En effet, lors du premier épisode de violences, il lui a dit "j'espère que tu vas crever comme un chien".
"Tout est prétexte à se disputer"
Dans sa plaidoirie, la partie civile rappelle la douleur de sa cliente et la manipulation qu'elle subissait : "Tout est prétexte à se disputer". Une situation particulièrement mal vécue pour cette jeune mère de famille, qui a écopé de 45 jours d'ITT au demeurant. La robe noire précise que ce n'est pas dû qu'à la chute : des hématomes et traces de coups avaient été constatés par le médecin légiste, attestant des violences.
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La procureure constate la "gravité de l'emprise" qu'exerce Thomas R. sur sa jeune compagne. Le parquet évoque la manipulation dont il fait preuve pour blesser psychologiquement la jeune femme. Pour elle, les menaces de mort sont clairement caractérisées. Elle requiert à l'égard du Bénédictin, qui possède deux mentions à son casier judiciaire, une peine de 30 mois de prison assortie d'un sursis probatoire de 18 mois, et la révocation de son précédent sursis à hauteur de 6 mois.
Relaxe pour les menaces de mort
L'avocate de la défense rappelle qu'on est ici pour "faire du droit" : si elle reconnaît que ces faits sont "inacceptables", elle rappelle que les menaces de mort ont un cadre aux yeux de la loi. Souhaiter la mort de quelqu'un n'est pas menacer en droit. Elle insiste sur le fait que les deux protagonistes de ce dossier sont "fragiles" psychologiquement.
Elle argue par ailleurs que le nombre de jours d'ITT se base essentiellement sur la chute depuis le deuxième étage, qui n'est pas imputable à son client.
Après délibération, le tribunal décide de condamner Thomas R. à une peine de 30 mois de prison dont 18 mois assortis d'un sursis probatoire. Il est toutefois relaxé pour les menaces de mort.


