Quel Avenir pour Madagascar?

Quel avenir pour Madagascar?
L’AVENIR SERA CE QUE NOUS VOULONS VRAIMENT QU’IL SOIT : celui d’un peuple libre qui prendra son destin entre ses mains, ou celui d’un peuple tenu en laisse contraint d’obéir à ses maîtres sous peine de punition.
Et que l’on ne dise pas : nous n’avons pas le choix ! C’est ce que disent toujours ceux qui ne veulent rien entreprendre, qui ne veulent rien risquer.
Quelles chances avait Gandhi de faire plier les tenants du pouvoir raciste d’Afrique du Sud d’abord, le Royaume Uni de Grande Bretagne, première puissance mondiale de l’époque, ensuite ? Au départ et sur le papier comme disent les commentateurs sportifs, aucune chance !
Mais il a réussi. Parce qu’il était animé par une foi plus forte que tout. Parce qu’il était surnommé à juste titre « Mahatma » : Grande âme.
PARMI LES MALGACHES QUI S’EXPRIMENT SUR LA CRISE ACTUELLE, CERTAINS SE QUALIFIENT D’INTELLECTUELS « CARTESIENS »
L’adjectif indique bien leur référence étrangère, bien loin d’autres modèles issus de l’histoire de leur propre pays, comme Rainandriamampandry par exemple. Au nom de leur « cartésianisme », ils se font un devoir de moquer ceux qui manifestent leur foi inébranlable en un idéal (la justice et un Etat de droit) ou en un objectif à atteindre (le retour du Président qu’ils ont élu). En réalité, derrière cette étiquette qui se veut celle de la rigueur, ces soit disant penseurs cachent souvent leur propre incapacité à surmonter un échec, et leur propre manque de courage pour affronter les obstacles qui paraissent insurmontables. Bref, la pauvreté de leur âme. Alors, ils trouvent un réconfort, par le mécanisme de compensation psychologique bien connu, à dégrader ce qu’ils ne possèdent pas : le courage de serrer les dents et de se lever chaque jour en refusant la résignation ; la foi en des valeurs morales et spirituelles que l’échec du présent ne peut éteindre ; l’amour inébranlable de la terre des Ancêtres.
LES GRANDES VICTOIRES N’ONT PAS TOUJOURS ETE CELLES QUI REPONDAIENT A LA LOGIQUE ET AUX ANALYSES FROIDES.
La victoire, même posthume puisqu’il fut assassiné avant de voir l’aboutissement de son combat, de Martin Luther King pour les droits civiques des Noirs aux Etats-Unis en offre un autre exemple après celles de Gandhi sur les racistes sud-africains et sur la puissance colonisatrice de l’Inde.
Pour les sceptiques de ce que la foi peut faire faire, mais aussi pour redonner force et espérance à ceux d’entre nous qui ont la foi en Madagascar mais qui sont fatigués, nous recommandons vivement de voir ou de revoir le documentaire commémorant le cinquantenaire de la lutte des Noirs américains pour leurs droits civiques, paru ce mois de septembre sur la chaîne de télévision Arte. Comme toujours, nous incitons nos lecteurs qui auront accès à ce documentaire à le partager le plus largement possible, surtout auprès de nos jeunes qui ne connaissent pas l’histoire de ces années soixante où les combats pour la liberté furent menés sur tous les continents.
En attendant, nous ne résistons pas au plaisir d’en donner un avant-goût en reproduisant ci-dessous en encadré quelques extraits des chants entonnés pendant les marches pour les droits civiques, ou des paroles de certains participants à cette lutte héroïque.
« Mon père était un combattant de la liberté
Et je suis le fils de mon père
Je me battrai pour la liberté »
xxx
« Garde les yeux rivés sur la récompense [la liberté]
Tiens bon, il faut tenir bon »
xxx
« Je n’ai pas peur de vos chiens
Parce que je veux ma liberté
Je n’ai pas peur de vos armes
Parce que je veux ma liberté
Je n’ai pas peur de vos flics
Parce que je veux ma liberté »
xxx
« Personne ne me fera rebrousser chemin
Je continue d’avancer
Je marche vers la liberté »
xxx
« I woke up this morning
With my mind stayed on freedom
I’m walking and I’m speaking
With my mind stayed on freedom
[En ne pensant qu’à la liberté
Je me suis éveillé ce matin
Je marche et je parle
En ne pensant qu’à la liberté] »
xxx
« We shall overcome, we shall overcome
We shall overcome some day
Deep in may heart, I do believe
That we shall overcome some day
(Nous vaincrons, nous vaincrons
Nous vaincrons un jour
Au plus profond de mon cœur je crois
Que nous vaincrons un jour »
Ces chants ont été créés et chantés pendant les marches pour la liberté alors que la force était du côté des racistes blancs et des autorités qui les soutenaient. Les Noirs ont continué à marcher, les mains nues, face aux chiens, face aux armes, face aux meurtres, parce qu’ils voulaient que les choses changent et qu’ils avaient la foi en un changement possible, même s’ils ne savaient pas quand.
ALORS, MESSIEURS LES BEAUX ESPRITS, REDEVENEZ MALGACHES.
Redevenez solidaires de vos frères et sœurs qui s’accrochent envers et contre tout à leur rêve de voir un jour la Grande Ile libérée.
Cessez de vous moquer et de déformer sciemment le sens de leur slogan « Minoa fotsiny ihany ».
Il n’a jamais signifié « croyez et ne faites rien » ou « croyez et ne pensez pas ».
Bien au contraire, il rejoint ce que le chant, devenu l’hymne de la lutte pour les droits civiques, dit : nous vaincrons un jour, si nous le croyons au plus profond de notre cœur, envers et contre tout.
Oui, ils rêvent, mais ne riez pas, vous qui en êtes incapables. D’autres l’ont fait avant eux, qui ont fait de leurs rêves par la suite une réalité.
« J’ai fait un rêve…. » (Martin Luther King dans son célèbre discours de 1963)
« On tuera ce rêveur et on verra bien ce qui restera de son rêve » (Les racistes blancs parlant de Martin Luther King qui sera effectivement assassiné en 1963)
« On peut tuer le rêveur, mais quoi qu’on fasse, on ne peut pas tuer le rêve » (Un participant à la lutte pour les droits civiques des Noirs aux Etats-Unis aux côtés de Martin Luther King, en septembre 2013)
Churchill qui était tout sauf un doux rêveur irréaliste n’a-t-il pas dit à De Gaulle, quand tout semblait perdu pour la France en 1940 : « Lorsque tout semble perdu, il reste le rêve » ?
Car ainsi que le dit la belle conclusion de ce documentaire, « Là où s’arrêtent nos capacités commence notre foi ». « Crois en l’incroyable et réalise l’impossible ».
DANS NOTRE NUMERO PRECEDENT, NOUS APPELIONS A NE PAS NOUS RESIGNER A CE QUE L’ON VEUT NOUS PRESENTER COMME INEVITABLE, c’est-à-dire à la tenue de mauvaises élections dont les objectifs sont de blanchir le coup d’Etat et de sauver la face des institutions internationales incapables de faire rétablir le droit et l’ordre constitutionnel à Madagascar.
Nous disions aussi que « Si nous laissons se tenir des élections dans les conditions actuelles d’insécurité, de mauvaise préparation, d’inégalité d’accès aux médias, de mise à l’écart arbitraire de la mouvance légaliste, et de manipulation prévisible, nous serons tous responsables du désastre programmé qui suivra ».
De partout fusent les critiques et les appréhensions pour le futur si ces élections au forceps sont maintenues : des candidats éliminés de manière partiale de l’élection présidentielle, mais surtout de nombreuses plateformes et associations civiles et de citoyens attentifs aux évènements. (Voir en annexe sur notre blog l’appel du CCOC en date du 25 septembre 2013, la lettre d’information de la Plateforme des associations civiles de septembre 2013, « Dix questions à Raymond Ranjeva » une interview parue en juin dernier sur Madagascar Tribune, « Chronique d’une crise annoncée » d’Eléonore Johasy parue sur Madagascar Tribune en septembre 2013, et la récente prise de position d’Eliane Naika diffusée sur internet préconisant la non participation pour ne pas cautionner des élections truquées, en courageuse opposition avec la ligne de sa propre mouvance)
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MAIS CES ELECTIONS SCELERATES RISQUENT D’AVOIR LIEU SI L’OPPOSITION A LEUR TENUE ET L’APPUI A L’INITIATIVE DU FFKM NE SE MANIFESTENT PAS AVEC DAVANTAGE DE VIGUEUR ET DE VISIBILITE.
Comme Onitiana Realy nous y invitait en août dernier, cessons de nous exprimer à l’abri des regards ! Comme Rahaingo-Razafimbelo Marcelline dans sa lettre ouverte au ministre de l’Enseignement supérieur Manoro Régis et à son secrétaire général, ayons le courage d’interpeler les responsables et de dénoncer publiquement leur mauvaise gouvernance ! Que tous ceux qui sont convaincus que ces élections, si elles se tiennent dans les conditions actuelles, portent les germes d’une crise future encore plus grave, se rassemblent et unissent leurs forces et leurs voix pour se faire entendre ! Car nous n’avons même pas le recours de voter blanc pour manifester ce refus, les votes blancs étant comptabilisés avec les votes annulés dans le code électoral.
RESISTONS DANS NOS CŒURS ET DANS NOS TETES! RESISTONS ENCORE ! RESISTONS TOUJOURS !
C’est ainsi que nous vaincrons un jour.
C’est ainsi que nous briserons un jour cette dépendance infâmante envers les étrangers et que nous surmonterons cette peur paralysante de leurs complices malgaches
Ne disons pas que c’est impossible !
« Croyons en l’incroyable et réalisons l’impossible ! »
La survie de notre nation est à ce prix.
Les Inconditionnels de Madagascar,
À l’Ile de la Réunion


