Promo sur les oranges d'Egypte : "Nous assistons à une triple prise en otage"

La chambre d’agriculture a récemment réagi par rapport à l’importation et la vente à bas prix d’orange en provenance d’Égypte. Elle déplore « l'opération promotionnelle menée par l'enseigne Carrefour sur des oranges importées ». Elle affirme « qu’alors que la production d'agrumes locaux bat son plein en ce mois de juin, cette campagne promotionnelle pour des oranges venues d'Egypte paraît donc mal venue » .
⦁ Le haut conseil de la concurrence, soi-disant garant que le citoyen puisse accéder à une libre concurrence, exerce-t-il les contrôles adéquates sur la formation des prix ?
L’État doit en être le gardien et assurer un rôle de garant du respect des règles d’une libre, saine et loyale concurrence par les opérateurs. Peut-on dire que les autorités publiques se sont réellement investies dans ces missions qui représentent aujourd’hui le cœur de leur intervention ?
Avec une position de quasi-monopole naturel, le groupe en question, fait ce qu’il veut et met en danger, non pas seulement les filières agricoles mais également la libre concurrence.
Que fait le haut conseil de la concurrence pour empêcher ce véritable dumping sur les prix ?
Nous appelons également à une mobilisation général de nos élus locaux car, au-delà de ces oranges à moins d’1€/ kg, le groupe de distribution en question met à mal trente ans de politique agricole publique, filière pour laquelle nous avons investi des millions d’euros d’argent publique depuis plus de trente ans.
Par ailleurs, on doit se poser la question de ce que fait l’interprofession des fruits et légumes Réunionnais ?
L’ARIFEL Kosalafé? Ou plutôt Kosaoufé ?
Les interprofessions animales, protègent le marché réunionnais en préservant la production locale des importations de viande et pour favoriser la production locale. Depuis 1975, l’élevage réunionnais est doté d’un modèle coopératif et interprofessionnel réunionnais unique en France, associant producteurs, provendiers, transformateurs, importateurs et distributeurs, collectivités et pouvoirs publics. Ces organismes interprofessionnels, véritables instances de discussion, permettent le développement d’une production structurée en adéquation avec le marché. Elles représentent plus de 90% des productions locales concernées- porc, bœuf et lait, regroupées au sein de l’Association Réunionnaise Interprofessionnelle du Bétail, de la Viande et du lait (ARIBEV), l’ARIV pour la volaille et le lapin.
Que fait donc l’ARIFEL de son côté pour protéger les filières fruits et légumes de La Réunion ? L’ARIFEL par son silence se rend complice de ce distributeur et permet ainsi à celui-ci de casser les prix de l’orange d’Égypte, demain des autres fruits tropicaux qui viendront massivement d’Asie ou d’ailleurs, et pourquoi pas également des légumes des pays de la zone à moins de 0.5 Euros le Kg rendu Réunion.
Nous aurions aimé savoir la position officielle de l’ARIFEL !!!
Que pense-t-elle de ce qui se passe aujourd’hui chez CARREFOUR avec les oranges d’Egypte ? Pourquoi l’ARIFEL ne se positionne t-elle pas officiellement contre cette opération de CARREFOUR ?
L’opération de ce groupe est certes une opération marketing, mais elle permet également de mettre en place une stratégie de piqure d’épingle pour doser notre capacité à réagir et à s’indigner de ces pratiques qui mettent à mal notre économie.
Ne rien faire serait une erreur, laisser faire sera pire encore que de ne rien faire.


