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Produire local et manger mieux : le Département ouvre une nouvelle étape de sa feuille de route alimentaire

Ecrit par P.B. – le samedi 6 juin 2026 à 10H53
@Département de La Réunion

Agriculture locale, accès à une alimentation saine, précarité alimentaire ou renouvellement des générations agricoles : près d’une centaine d’acteurs se sont réunis ce vendredi 5 juin à Saint-Pierre pour participer aux 3e Assises départementales de l’alimentation organisées par le Département.

Près d’une centaine de représentants du monde agricole, d’associations, de collectivités, de chercheurs ou encore de citoyens engagés se sont retrouvés ce vendredi 5 juin au CIRAD de Saint-Pierre à l’occasion des 3e Assises départementales de l’alimentation. Objectif affiché : préparer la future feuille de route alimentaire du territoire pour les prochaines années.

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"En plus de la question alimentaire, le Département affiche une ambition : construire une Réunion plus résiliente, plus solidaire et plus autonome, capable de nourrir durablement sa population", a rappelé Serge Hoareau, vice-président du Département délégué à l’agriculture et aux affaires européennes.

Ces assises s’inscrivent dans le cadre du Projet Alimentaire Territorial (PAT) départemental "Sa ki fé ansanm pou manz péi", engagé depuis 2023 et dont l’évaluation du premier niveau doit désormais servir de base à la construction du futur PAT 2026-2031.

Construire une alimentation plus locale mais aussi plus accessible

Pour Murielle Chane, responsable des projets filières agricoles au Département, l’enjeu dépasse largement la seule production. "L’objectif, c’est vraiment d’avoir des actions construites en transversalité et de favoriser de manière globale une alimentation plus saine, plus locale, plus durable et accessible à tous", explique-t-elle.

Depuis trois ans, plusieurs actions ont déjà été lancées : fermes départementales servant d’espaces tests agricoles pour favoriser l’installation de nouveaux producteurs, distribution de paniers solidaires, sensibilisation dans les collèges ou encore valorisation des biodéchets dans la restauration scolaire.

L’une des ambitions affichées consiste également à mieux structurer les débouchés locaux, notamment dans la restauration collective.

Produire local, oui… encore faut-il pouvoir vendre

Pour les producteurs biologiques, la question centrale reste celle des débouchés. "Les besoins sont surtout en termes de commercialisation et d’intégration des marchés, surtout dans la restauration collective", explique Alexandra Garcera, responsable du groupement des agriculteurs bio de La Réunion.

Car malgré une production locale existante, les difficultés restent nombreuses : accès à l’eau, coûts de production, sécheresses, pression sanitaire, cyclones ou encore coût des intrants. "La production biologique existe. Elle se développe, mais ce n’est pas facile", résume-t-elle les enjeux du bio dans nos assiettes.

Mieux manger même en situation de précarité

L’alimentation est également comme un enjeu social. Sur certains territoires, le Département expérimente déjà des dispositifs visant à permettre aux familles précaires d’accéder à des produits frais. "L’idée était de pouvoir proposer aux familles des produits frais en plus des colis alimentaires", explique Nathalie Payet, responsable d’un service prévention, insertion et polyvalence.

Le principe est de faire le lien entre agriculteurs ayant parfois des difficultés à écouler leur production et familles en situation de précarité alimentaire.

Une expérimentation qui devrait désormais être étendue à d’autres territoires grâce à des financements obtenus pour les prochaines années.

Au terme de cette journée, les contributions recueillies doivent désormais permettre au Département de construire son prochain plan d’actions alimentaire pour la période 2026-2031.

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