Prison ferme pour le compagnon de 21 ans ultra-violent avec un passé de violeur

Mercredi dernier, Nourdine M., 21 ans, a été condamné à deux ans de prison ferme pour des violences habituelles sur sa conjointe entre 2023 et 2025. Histoire d’un prévenu au parcours judiciaire très inquiétant.
Il ne faut pas longtemps pour comprendre que Nourdine M. est loin d’avoir le profil du gendre idéal. Agé de eulement 21 ans, il a déjà un casier judiciaire bien inquiétant. Encore mineur, il a essuyé deux condamnations pour viol sur lesquelles peu d’informations ont filtré au cours du procès qui s’est tenu mercredi pour des violences habituelles sur sa compagne. Tout juste sait-on que les victimes de viol ont été agressées dans la rue courant 2018 quand il avait seulement 14-15 ans. Et puis il y a ce petit détail qui interpelle. Sorti de prison le 14 août 2018 après une première condamnation pour viol, il récidive dès le lendemain. Soit le 15 août 2018.
Mercredi donc, et ce n’est pas une première non plus, il lui est reproché d’avoir agressé sa compagne, enceinte de huit mois au 31 juillet dernier. Déchaîné, il la frappe au visage devant les autres enfants avant de la tirer par les cheveux pour l’isoler dans la chambre à coucher. Là, il lui balance une nouvelle claque. Tandis qu’elle est allongée à sa merci, il entreprend de l’étrangler pour finalement lui frapper la tête au sol. Il est interpellé et la compagne interrogée. Elle révèle alors aux policiers que Nourdine M., avec qui elle est mariée religieusement, est coutumier du fait. Depuis près de trois ans, il la bat régulièrement avec le même modus operandi qui consiste à lui distribuer des claques puis de la saisir par le cou pour une strangulation en règle et ce en moyenne une fois par mois.
« Ma violence s’est aggravée depuis qu’elle est enceinte »
Comme il est entré en prison à l’occasion d’autres violences, sa compagne a eu un peu de répit. Le souci est qu’elle a rencontré un autre homme pendant qu’il était incarcéré. Sitôt sorti de prison le 15 mars dernier, Nourdine M. a rejoint le domicile conjugal. Inutile de dire qu’en découvrant qu’elle était enceinte d’un autre, sa tendance à la violenter a décuplé jusqu’à l’ultime épisode du 31 juillet.
A la barre, le prévenu reconnaît les faits sans difficulté et sans trouver ça anormal car, répète-t-il, « l’enfant n’est pas de moi ». « On pourrait l’entendre s’il n’y avait eu que le 31 juillet mais il y a plusieurs scènes de violence avant cela. Qui plus est, c’est vous qui l’avez agressée chez elle », note la présidente du tribunal. « J’aime ma femme, ça me fait mal mais j’ai perdu le contrôle… », tente-t-il de se justifier.
Comme la présidente persiste à obtenir des réponses, le prévenu s’agace gentiment. « Je m’excuse, je n’ai pas grand-chose à dire. Tout ça m’a tracassé le cerveau. Je vous demande juste de me juger », coupe-t-il comme pour clore les débats. La magistrate égrène les scènes de violence pour tenter à nouveau qu’il s’en explique. « Je n’ai rien à dire. Imaginez-vous à ma place… » « Nous avons besoin de savoir où vous en êtes dans votre tête et dans vos violences », poursuit la présidente. « Ma violence s’est aggravée depuis qu’elle est enceinte. » Il oublie de préciser que lui aussi a eu une relation extra-conjugale avec une autre femme, présente dans la salle d’audience et elle-même enceinte de lui jusqu'au cou. « Pourtant, vous avez fait un enfant avec une autre femme… », tacle la magistrate. Le prévenu se ferme comme une huitre. « Jugez-moi ! Moi, j’encaisse, j’encaisse… »
Des scènes d’étranglement à répétition
Lors de son réquisitoire, le substitut du procureur, Tiphaine Gastineau, mentionne les scènes d’étranglement à répétition et cette manière qu’a le prévenu « d’appuyer son genou sur le ventre de sa compagne comme pour la punir d’être enceinte ». En plus de sa dangerosité potentielle, elle insiste sur l’échec des différentes mesures alternatives à la prison dont il a déjà largement bénéficié. En conséquence, elle requiert une peine de deux ans de prison ferme et une interdiction d’entrer en contact avec sa compagne pendant trois ans.
En défense, son avocat, Me Louis Ropars, parle d’un jeune homme « incapable d’exprimer son ressenti » et qui « n’a pas eu une jeunesse toute rose ». Il plaide pour des soins qui lui permettent « de vider ce qu’il a en lui, de comprendre les relations homme/femme et de maîtriser ses ardeurs et ses impulsions ». Pour ce faire, il penche naturellement pour « des obligations strictes sous le contrôle d’un bracelet électronique. Et pas une incarcération comme les peines déjà effectuées par le passé d’où il est ressorti comme il est entré ». En dépit de ses arguments, le tribunal judiciaire a suivi les réquisitions du ministère public à la lettre avec un retour à la case prison de deux ans.
Vous avez besoin d'aide ? Voici les moyens à votre disposition :
- Déposez plainte dans un commissariat de police ou une brigade de gendarmerie
- Contactez un policier ou un gendarme de la plateforme numérique d’accompagnement des victimes.
- Appelez le 3919 - Violences femmes info
- Contactez le 114 - Envoi d'un SMS en cas de difficulté à parler ou entendre.
- Appelez le 3977 – Maltraitances des personnes âgées/majeures en situation de handicap.
- Contactez un service d'accès au droit.
- Contactez les dispositifs d'aide et d'accompagnement des victimes via le document à télécharger ci-dessous :
Les numéros utiles dans la lutte contre les violences conjugales de La Réunion (974)Le récapitulatif des ressources ici : https://arretonslesviolences.gouv.fr/besoin-d-aide
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