"Pressions" à Saint-Leu ? La préfecture rappelle au maire ses obligations pour garantir le scrutin

À quelques jours du second tour à Saint-Leu, les candidats Thierry Robert et Karim Juhoor dénoncent des pressions et des difficultés pour organiser les bureaux de vote. La préfecture rappelle les mesures légales pour garantir un scrutin régulier et sécurisé.
Thierry Robert accuse le maire sortant, Bruno Domen, de chercher à perturber le bon déroulement de l’élection. Selon lui, Bruno Domen « laisse entendre aux services de l’État, et notamment au Préfet, que personne ne souhaite tenir les bureaux de vote », alors que plusieurs agents communaux et bénévoles sont prêts à assurer le service.
Parallèlement, Thierry Robert affirme que des consignes internes auraient été données pour décourager la tenue des bureaux, avec des messages du type : « Pas besoin de tenir les bureaux ».
De son côté, Karim Juhoor tire la sonnette d’alarme sur des pressions exercées dans et autour de certains bureaux de vote. Dans un communiqué, il indique que « des personnes identifiées comme proches de la campagne de Thierry Robert, arborant des tenues de couleur orange » seraient impliquées, rappelant que «la présence de signes distinctifs de campagne dans les bureaux de vote, comme à proximité immédiate, est strictement interdite par la loi ».
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Il évoque également un incident à Piton où « une échauffourée a éclaté à l’extérieur d’un bureau de vote et s’est terminée à l’intérieur avec des grenades lacrymogènes ». Un incident dans lequel le frère de Thierry Robert, Pierrick Robert, a été désigné comme partie prenante, dénonce le candidat Juhoor.
Karim Juhoor souligne par ailleurs que la municipalité rencontre des difficultés à mobiliser des présidents de bureaux de vote, « fragilisant encore davantage l’organisation du scrutin ». Face à cette situation, il a officiellement saisi la préfecture et la mairie de Saint-Leu, demandant « une sécurisation renforcée de l’ensemble des bureaux de vote » et « la nomination de présidents de bureaux de vote par l’État » pour garantir « la régularité et la transparence du scrutin ».
La préfecture rappelle les règles, la ville rassure les électeurs
La préfecture a apporté une réponse détaillée. Selon elle, le directeur général des services de la mairie de Saint-Leu a informé le sous-préfet de Saint-Paul de sa difficulté à organiser le second tour, précisant que « 26 présidents de bureau de vote sur les 36 que compte Saint-Leu refuseraient d’assurer cette mission, sans en indiquer les raisons ».
La préfecture rappelle que « le maire ayant obligation de constituer le ou les bureaux de vote nécessaires à la tenue du scrutin, dans la mesure où il s’agit d’une “fonction spéciale attribuée par la loi” au sens de l’article L. 2122-27 du CGCT », a été invité à désigner les présidents de bureaux de vote.
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Si le maire manque de conseillers municipaux pour cette mission, il peut appliquer l’article 43 du code électoral :
« Les bureaux de vote sont présidés par les maires, adjoints et conseillers municipaux dans l’ordre du tableau. À leur défaut, les présidents sont désignés par le maire parmi les électeurs de la commune. En cas d’absence, le président est remplacé par un suppléant désigné par lui parmi les conseillers municipaux ou les électeurs de la commune, ou, à défaut, par le plus âgé des assesseurs. Le suppléant exerce toutes les attributions du président. Le secrétaire est remplacé en cas d’absence par l’assesseur le plus jeune ».
Ainsi, la préfecture souligne que la loi prévoit des solutions pour garantir le bon déroulement du scrutin, malgré les difficultés rencontrées par la municipalité. Interrogée, la ville de Saint-Leu confirme qu'elle sera bien en mesure d'organiser le scrutin.
« Nous sommes en train de trouver des présidents de bureau. La ville va bien évidemment assurer que le second tour se passe dans de bonne conditions. Les services sont mobilisés pour trouver des présidents. Cela ne devrait poser aucun problème »


