Pourquoi les véhicules électriques chinois risquent de coûter plus cher à La Réunion ?

En juillet, Bruxelles a imposé, à titre conservatoire, jusqu'à 36% de droits de douane supplémentaires sur les importations de véhicules électriques chinois. Dans un communiqué paru ce mardi, la Commission européenne indique que "dans le cadre de son enquête antisubventions en cours, [elle] a communiqué aux parties intéressées le projet de décision d'imposer des droits compensateurs définitifs sur les importations de véhicules électriques à batterie (VEB) en provenance de Chine."
Ces droits, s'ils sont bien appliqués d'ici au mois d'octobre, vont renchérir sérieusement le prix des voitures électriques fabriquées en Chine. Ces droits définitifs, qui devront être avalisés par les Vingt-Sept, seraient valables cinq ans.
MG, première marque électrique à La Réunion
Bruxelles imposera des surtaxes. Elles pourraient être de 17% au fabricant chinois BYD (53 voitures vendues à La Réunion les six premiers mois de l'année). Atteindre 19,3% pour Geely (22 véhicules écoulés sur les six premiers mois) et monter jusqu'à 36,3% pour SAIC, distributeur de la marque MG avec 245 véhicules écoulés. Pour la petite anecdote, MG est la marque électrique la plus vendue à La Réunion et c'est, par exemple, un de ses modèles qui est offert à la gagnante de Miss Réunion. À noter que les autres constructeurs seront soumis à un droit supplémentaire moyen d'environ 21,3% s'ils ont coopéré à l'enquête, ou de 36,3% dans le cas contraire. Quid de la marque Yudo qui a écoulé 186 voitures sur les six premiers mois de l'année dans notre île ?
Ces nouveaux droits de douanes s'ajouteront aux 10% déjà appliqués sur les véhicules électriques fabriqués en Chine. De quoi sérieusement faire grimper la facture des ménages réunionnais qui souhaitent acquérir un véhicule chinois.
Le marché de l'électrique fait du surplace
D'autant que dans le même temps, le segment électrique à La Réunion fait du surplace. Alors qu'en 2023, les ventes de véhicules électriques avaient explosé (+29%) par rapport à l'année précédente, les six premiers mois ont marqué un coup d'arrêt. Résultat, la part de l'électrique dans le parc automobile réunionnais a baissé, passant de 14,86% à 14,77%. En juillet, la part du segment électrique est encore descendue à 14,28%.
Cette décision pourrait bien gripper un marché électrique réunionnais déjà moribond et qui est soumis aussi aux aléas des aides du gouvernement. Dans le cadre des futures discussions budgétaires, Est-ce que l'Etat gardera un bonus intéressant sur l'achat de ce type de véhicule ?


