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Pourquoi autant de ruptures de canalisation à Saint-Leu ?

Ecrit par zinfos974 – le lundi 26 novembre 2012 à 12H00

Saint-Leu n'en finit pas de compter ses dégâts des eaux usées consécutifs à des ruptures de canalisation. Une tâche pour une ville fortement tournée vers son littoral. La CISE, qui est l'opérateur en eau de la commune, offre deux lectures aux événements de ces derniers mois.

"La rupture de canalisation d'hier est à mettre à part, concède Fabien Fernandez, chef du secteur Sud-Ouest pour le compte de la CISE. La canalisation qui passe sous le pont de la Ravine l'Etang Saint-Leu est aérienne et donc soumise à l'embrun marin qui favorise la formation de rouille".

Un trou "de la taille d'un disque CD"

L'autre circonstance qui a amené au déversement d'eaux usées dans la ravine et donc du lagon tout proche est d'ordre technique. "La canalisation qui a cédé se trouve aussi être à un point de refoulement d'où s'exerce une plus forte pression sur les tuyaux", explique-t-il. La rupture n'était pas énorme, "de la taille d'un disque CD", mais suffisante pour déverser une quantitié non évaluée d'eaux usées dans le lit de la ravine. "Nous avons été avertis à 10h30. A 12h, la réparation était réalisée", assure Fabien Fernandez. En temps normal, cette eau usée est destinée aux bassins de décantation de la station d'épuration située près du cimetière, en sortie de ville côté Sud.

Il n'empêche, à Saint-Leu, cette actualité a tendance à se renouveler. Hormis les canalisations aériennes qui subissent directement les aléas climatiques, le point critique est à chercher ailleurs pour les tuyaux enfouis. "Les canalisations de la ville sont en "amiante-ciment", également appelée "Eternit", du nom de son fabricant", autrichien pour la petite histoire.

L'amiante-ciment encore moins adaptée à notre climat

Installées dans les années 80 à Saint-Leu, la fragilité de ces canalisations réside dans leur faible résistance au gaz de type hydrogène sulfuré (H2S), issue de la fermentation des matières organiques contenues dans les eaux usées. "L'amiante-ciment est attaquée par ce gaz, ce qui fait qu'il s'effrite", explique fabien Fernandez. On retrouve le même schéma de canalisations anciennes de près de 30 ans "à l'Etang-Salé ou à Saint-Pierre", tempère le spécialiste, du moins pour les communes gérées par la CISE.

Les tuyaux en Eternit n'ont, aujourd'hui, plus cours. "On utilise désormais des matières PVC ou en fonte", assure-t-il. D'autant que l'amiante-ciment est encore moins adaptée à nos climats chauds.

Double peine : lorsqu'une rupture est constatée sur le réseau, l'environnement le paye immédiatement. La raison en est simple. "Contrairement à des sols compacts comme en métropole, le sol rocheux réunionnais n'arrive pas à contenir la fuite tellement il est friable", explique-t-il.

Saint-Leu, qui a déjà engagé le renouvellement de ses canalisations suite à la précédente rupture survenue le 25 octobre, poursuit ses travaux "jusqu'à la fin de l'année et la trêve du BTP".

 

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