Pour le Ceser, "l'humain" doit être au coeur des préoccupations du Parc national

"Placer l'humain au coeur des préoccupations du Parc national de la Réunion", tel est l'enjeu formulé par les membres du Ceser dans leur avis rendu au cours de l'assemblée plénière de ce matin. A la Réunion, le Parc National s'étend sur 77% du territoire, concerne 23 des 24 communes de notre île et touche directement 21% de la population (ndlr : environ 170.000 Réunionnais).
Dans leur avis, les membres du Ceser rappellent l'impact de la Charte au sein du Parc national de la Réunion. "Une fois mise en place, la charte précisera la réglementation des usages et activités au sein du Parc national (…)", explique le Ceser. Le Parc National pourra, notamment, émettre un avis "positif ou négatif" sur l'instruction de permis de construire ou PLU (Plan local d'urbanisme) communaux. Un avis qui pourrait être assimilé à "une contrainte réglementaire supplémentaire". "Cet aspect risque d'être mal vécu dans la mesure où la charte s'appliquera à toutes les communes concernées, qu'elles adhèrent ou pas de leur propre initiative à ladite charte", ajoute le Ceser.
Le Ceser invite également dans ses recommandations le Parc national a tenir compte de l'"exiguïté" du territoire réunionnais. "Il faut concilier le développement des activités économiques avec le souci de préserver la richesse naturelle du Parc (…). Le projet de Charte prend acte des intentions économiques mais contraint particulièrement l'activité agricole au quotidien", souligne le Ceser.
"Le Parc véhicule une image de contrainte"
Face aux levées de bouclier des habitants des hauts, agriculteurs et commerçants, concernés de front par la Charte, le Parc national doit impérativement retravailler son image pour le Ceser. "Le Parc véhicule une image de contrainte. L'information et la communication ont été déficientes dans ce domaine", précise le Ceser. Mais pour Jean-Raymond Mondon, le malaise est plus profond. "Nous avons une très grande frustration. On considère que le Parc national des Hauts que nous avons soutenu doit mettre en place un travail de discussion avec les personnes qui y vivent. Aujourd'hui le Parc est vécu comme une vision négative par la plupart des Réunionnais. Pour eux, le Parc n'est qu'interdiction. Nous estimons que le Parc doit faire un grand travail de pédagogie", explique-t-il.
Dans ses recommandations, le Ceser propose qu'une partie spécifique supplémentaire, concernant les aspects humains de la vie quotidienne, soit rédigée au sein de la Charte. "Cette huitième partie ne pourra se résumer à lister les interdictions et les règles inhérentes à la vie au sein du Parc national. Elle doit favoriser la coexistence d'un tel nombre de population avec un fonctionnement accepté et serein au Parc National. Cette partie remettra l'humain au centre des préoccupations (…)", conclut le Ceser.
A noter qu'une grande enquête publique sur la Charte du Parc national sera soumis aux Réunionnais entre le 4 décembre et le 23 janvier prochain.


