Pour éviter la faillite qui passera à la caisse ?

Après de multiples contorsions du côté de l’équipe de Macron , tout le monde s’est rangé désormais au constat émis par Fillon en septembre 2007 : la France est en faillite!
Sur endetté , notre pays n’a plus aucune marge de manœuvre pour mettre en place de nouveaux outils permettant de rétablir la compétitivité de ses entreprises , impératif sur lequel nos deux candidats s’accordent donc .
Et c’est ici que les solutions divergent : Macron propose d’augmenter la CSG de 1,7% , Fillon d’augmenter le taux intermédiaire de TVA de 2 points . La recette ainsi dégagée serait affectée à un allègement des charges sociales , sachant qu’un point de CSG rapporte environ 11 milliards d'euros et un point de TVA à peu près 7 milliards.
La gauche a toujours privilégié la CSG. Et c’est évidemment dans cette continuité que s’inscrit Macron . C’est Michel Rocard qui l'a créée en 1990 en la fixant à 1,1% des revenus. Lionel Jospin l'a plus que doublée en 2000 , après qu'entre les deux Édouard Balladur puis Alain Juppé eurent eux aussi goûté son charme en l'augmentant chacun d'un peu plus d'un point. Si bien qu'en vingt ans la contribution sociale généralisée est devenue le premier impôt direct acquitté par les Français, avec un rendement de 95 milliards d'euros en 2015, soit pratiquement autant que l'impôt sur les sociétés et les revenus réunis!
La CSG nous est présentée comme étant indolore, car prélevée à la source, et «juste», puisqu'il concernerait en apparence tout le monde : salariés, retraités, mais aussi détenteurs de capitaux ou de biens immobiliers .
La réalité est très différente !
D’abord c’est un impôt injuste parce qu’il frappe les revenus de manière strictement proportionnelle et non pas progressive comme l’impôt sur le revenu avec ses tranches d’imposition soumises à des prélèvements plus élevés au fur et à mesure qu’ils augmentent.
Mais la CSG est surtout injuste parce que seront en fait impactés de plein fouet les revenus qu’on appelle « non négociables » , c’est à dire ceux qui ne pourront pas faire l’objet de compensations négociées. Ainsi les salariés , qui n’accepteront évidemment pas une baisse nominale de leurs revenus , pourront négocier en compensation des hausses de salaires ; de même les épargnants , surtout les gros détenteurs de capitaux , pourront optimiser leurs placements ; les bailleurs augmenteront de leur côté leurs loyers pour garantir leurs revenus.
Les dindons de la farce seront les retraités qui ne pourront rien négocier du tout . C’est sur eux que pèsera la charge de cette mesure , dont Macron nous promet une mise en œuvre rapide . Conscient de cet inconvénient , Macron , dans un ultime élan de démagogie , promet que les petites retraites seront épargnées , ce qui veut dire que c’est encore les classes moyennes qui « casqueront » , comme pour l’exonération de la taxe d’habitation qui va coûter 10 milliards et qui devront bien être payés par les autres contribuables !
La TVA , que Fillon entend de son côté solliciter , souffre d'un déficit d'image mais présente pourtant plus d'avantages que la CSG . Elle se révèle moins injuste qu'on ne le pense. Et c’est d’ailleurs pour cela que DSK et Ségolène Royal l’avait choisi il y a 12 ans .Ils l’avaient appelé la « TVA sociale » .
Elle pénaliserait , nous objecte-t-on , la consommation des ménages. Faux: globalement , 65% seulement des recettes de TVA proviennent de dépenses de consommation ou d'investissements des ménages. Le reste est acquitté par les entreprises ou les administrations publiques.
La TVA augmenterait les prix, pénalisant les plus défavorisés? Pas sûr. En Allemagne, en 2007, la hausse de 3 points de la TVA avait entraîné une augmentation de 0,5 point seulement des prix. Celle de 2 points intervenue il y a deux ans en Espagne n'a fait progresser les étiquettes que de 0,3 point.
Autre argument de poids favorable à l’outil de l’augmentation de la TVA : elle permet aux entreprises françaises de rétablir leur compétitivité relative puisqu’elle frappe , comme un droit de douanes , les importations et dans le même temps crée les conditions pour que les entreprises françaises puissent vendre moins cher à l'étranger puisque l’augmentation de la TVA s'accompagnerait d'une baisse des charges.
Enfin signalons que nul ne peut échapper à la CSG prélevée à la source mais qu’en revanche on peut partiellement échapper à la TVA en réorientant sa consommation .
Dans les DOM le taux est au demeurant de 8,8 % et non pas de 20 % comme en métropole et nous disposons donc d’un régime privilégié .
Alors , et vous ? vous préférez que l’on évite la faillite en acceptant une augmentation de la CSG de 1,7% ou que l’on privilégie une majoration de la TVA de 2 % ?


