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Pour éviter la faillite qui passera à la caisse ?

Ecrit par zinfos974 – le vendredi 31 mars 2017 à 14H50

Après  de multiples  contorsions  du  côté  de l’équipe  de  Macron  , tout le monde  s’est rangé désormais  au constat  émis  par  Fillon en septembre  2007   : la  France  est en faillite!

Sur endetté ,  notre pays  n’a plus  aucune marge  de manœuvre  pour mettre  en place de  nouveaux  outils permettant de  rétablir  la compétitivité de  ses  entreprises , impératif  sur  lequel  nos  deux  candidats  s’accordent  donc .

Et c’est ici  que les solutions  divergent : Macron  propose  d’augmenter la  CSG  de  1,7%  , Fillon d’augmenter  le taux  intermédiaire  de TVA  de 2 points  . La recette ainsi  dégagée  serait affectée   à un allègement des  charges  sociales  , sachant qu’un point de CSG rapporte environ 11 milliards d'euros et un point de TVA à peu près 7 milliards. 

La gauche a toujours privilégié la CSG. Et c’est  évidemment  dans cette continuité  que  s’inscrit  Macron .  C’est Michel Rocard qui  l'a créée en 1990 en la fixant à 1,1% des revenus. Lionel Jospin l'a plus que doublée en 2000 , après qu'entre les deux Édouard Balladur puis Alain Juppé eurent eux aussi goûté son charme en l'augmentant chacun d'un peu plus d'un point. Si bien qu'en vingt ans la contribution sociale généralisée est devenue le premier impôt direct acquitté par les Français, avec un rendement de 95 milliards d'euros en 2015, soit pratiquement autant que l'impôt sur les sociétés et les revenus réunis! 
La  CSG nous est présentée comme étant indolore, car prélevée à la source, et «juste», puisqu'il concernerait en apparence  tout le monde : salariés, retraités, mais aussi  détenteurs  de  capitaux  ou de biens immobiliers .

La  réalité  est  très  différente !

D’abord  c’est   un  impôt  injuste  parce  qu’il frappe  les  revenus  de manière  strictement  proportionnelle  et  non pas  progressive  comme l’impôt  sur le revenu  avec  ses tranches  d’imposition soumises   à  des prélèvements  plus  élevés  au fur et  à mesure qu’ils augmentent.

Mais  la  CSG est surtout  injuste parce que seront en fait  impactés de plein  fouet les  revenus  qu’on appelle  « non négociables » ,   c’est  à  dire  ceux  qui ne pourront pas faire  l’objet  de  compensations négociées. Ainsi les  salariés , qui   n’accepteront évidemment pas   une  baisse  nominale  de  leurs  revenus ,  pourront  négocier  en  compensation des hausses  de salaires   ; de même les épargnants , surtout les  gros  détenteurs  de capitaux ,   pourront   optimiser leurs  placements ;  les   bailleurs   augmenteront de leur  côté   leurs  loyers   pour garantir  leurs  revenus.
Les  dindons de la farce  seront les retraités qui ne pourront  rien négocier  du  tout . C’est  sur  eux  que pèsera  la charge  de cette mesure , dont Macron  nous  promet  une mise en œuvre rapide   . Conscient de cet  inconvénient , Macron , dans un ultime  élan de démagogie , promet  que les petites retraites seront épargnées ,  ce qui  veut dire   que  c’est encore  les classes  moyennes  qui « casqueront » , comme pour l’exonération de la taxe d’habitation  qui va  coûter   10  milliards  et qui devront  bien être payés  par les autres  contribuables !

La TVA  , que  Fillon entend  de  son  côté  solliciter  ,   souffre d'un déficit d'image mais  présente  pourtant plus d'avantages que la CSG . Elle se révèle moins injuste qu'on ne le pense. Et c’est d’ailleurs   pour cela  que  DSK et  Ségolène  Royal  l’avait  choisi  il  y a  12 ans .Ils  l’avaient appelé  la  « TVA  sociale » .
Elle pénaliserait  , nous objecte-t-on  ,  la consommation des ménages. Faux:  globalement  , 65% seulement des recettes de TVA proviennent de dépenses de consommation ou d'investissements des ménages. Le reste est acquitté par les entreprises ou les administrations publiques.

 La TVA augmenterait  les prix, pénalisant les plus défavorisés? Pas sûr. En Allemagne, en 2007, la hausse de 3 points de la TVA avait entraîné une augmentation de 0,5 point seulement des prix. Celle de 2 points intervenue il y a deux ans en Espagne n'a fait progresser les étiquettes que de 0,3 point.

Autre argument de poids  favorable à l’outil de l’augmentation de la TVA :  elle permet aux entreprises françaises de  rétablir  leur  compétitivité relative  puisqu’elle frappe , comme un droit de  douanes ,  les importations  et  dans le même  temps crée les conditions pour que les   entreprises  françaises puissent  vendre moins cher à l'étranger puisque l’augmentation de la  TVA s'accompagnerait  d'une baisse des charges.

Enfin  signalons  que   nul ne peut  échapper à la  CSG  prélevée   à la  source  mais  qu’en revanche   on peut  partiellement  échapper  à la  TVA  en réorientant  sa  consommation . 
Dans les DOM  le  taux  est au demeurant  de  8,8 % et  non pas  de  20 %  comme en métropole et  nous  disposons  donc  d’un régime  privilégié .

Alors  , et vous ?  vous préférez  que l’on évite la faillite en acceptant  une  augmentation de la  CSG  de  1,7% ou  que l’on privilégie une majoration de  la TVA  de   2 % ? 

 

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