Pour ATR, une alternative existe au projet de nouvelle route du Littoral

Le groupement de citoyens "pour une alternative à la route en mer" est remplacé par une toute nouvelle association. "Alternatives Transports Réunion- FNAUT*" aura pour mission de fédérer les Réunionnais opposés au tracé de nouvelle route du Littoral. C'est l'objectif affiché par le farouche opposant au projet, Bruny Payet, ancien conseiller régional notamment, lors d'un point presse tenu symboliquement ce matin à la Grande Chaloupe.
Adossée à la Fédération nationale d’usagers des transports, l'ATR veut peser dans la balance, et ce malgré l'avancement du projet dont les premiers travaux sont attendus fin 2013. "Nous souhaitons porter dans l’île l’opposition à la réalisation de l’actuel projet régional de route du Littoral en mer", exhorte le président de la nouvelle association. "D’une façon générale, notre objectif est d’élargir le débat à la Réunion sur la problématique des transports et déplacements de toutes natures", assure-t-il.
"Ce n’est guère la modestie qui semble avoir inspiré les promoteurs du projet de NRL"
ATR se prononce ainsi pour une extrême prudence vis-à-vis des interrogations qui entourent le réchauffement climatique et ses conséquences sur le niveau des eaux. Selon Bruny Payet, l'option d'un seul tracé en mer répète les erreurs du passé. Il est urgent de vérifier avant qu’il ne soit trop tard si ce choix reste bien, comme le prétend toujours la Région et comme l’attendent les usagers : le choix le plus rapide d’exécution, le moins cher, le plus respectueux de l’environnement et le plus sécurisé.
Dans l'histoire, le franchissement de la Montagne a fait l’objet de plusieurs tentatives : du tunnel Vauboulon en 1690 mais inachevé, du tracé du CD41, à la route nationale à deux voies en pied de falaise en 1963 jusqu'à la quatre voies actuelle en 1973 "dont le scénario avait été préféré, peut-être trop hâtivement, à une solution par les hauts dite Hugot et à l’option du tunnel routier par le bas. Près de trois siècles plus tard, nous en sommes encore à chercher quelle pourrait être la meilleure voie de passage pour franchir cette montagne. Cet état de fait devrait inciter à la plus grande des modesties. Malheureusement, ce n’est guère la modestie qui semble avoir inspiré les promoteurs du projet de NRL : ni dans sa configuration (2x3 voies, en mer !), ni dans son coût, ce projet ne semble de nature à apporter une solution adaptée à la question des transports entre l’Ouest et le Nord de l’île".
Des alternatives sont encore possibles à "ce projet très mal engagé", poursuit l'association Alternatives Transports Réunion - FNAUT. "En tant qu’association, nous sommes sensibles au thème d’une nouvelle gouvernance qui, nous le souhaitons, offrira au mouvement associatif plus d’opportunité de collaboration avec les instances décisionnelles", conclut-elle.
*Fédération nationale d’usagers des transports


