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Pléthore d’employés, désert culturel : quelle politique à Saint-Pierre ?

Ecrit par zinfos974 – le samedi 10 août 2013 à 08H12

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Saint-Pierre, centre culturel Lucet-Langenier, ex-Cinéma Alpha, ex-Mario porno. La scène se passe devant témoins. Le directeur est à son bureau et reçoit un nouvel employé, style gros bras pas vraiment à sa place dans un milieu voué aux choses de l’esprit. L’homme sort de sa poche un papier froissé et le tend au directeur. L’air rien moins qu’aimable malgré le sourire de circonstance.

"Hein, ala mon papier signé par le maire. Ou lé directeur mais rôde pas où mi l’est, c’est à lu seulement mi rende des comptes, d’accord ?"

D’accord ou pas, le directeur fait avec. Il est placardisé depuis des mois et ce n’est pas la première fois que ça arrive : lorsqu’on ne sait pas où caser un front bas gros bras, lorsqu’on veut remercier un nervi pour sévices rendus, on te le colle aussi sec aux affaires culturelles. Il écrit papa avec 3 p ? Vétilles que cela, il a son permis de conduire et boxe bien.

Le désert culturel saint-pierrois commence ainsi dans le Centre culturel de Casabona : près d’une centaine d’employés y travaillent soi-disant mais il n’y a qu’une petite dizaine de personnes qui y sont régulièrement à l’ouvrage. Les autres ? Seul le maire pourrait le dire… si vous arrivez à mettre la main dessus.

Il y a ainsi plus de 200 employés communaux dévolus au Service culturel, toutes structures confondues. Pourquoi alors cette partie de l’action municipale est-elle quasi inexistante? Pourquoi quelques personnes bossent réellement pendant que les autres se la coulent douce ?

Lors du renouvellement de l’équipe municipale en 2008, Michel Fontaine a fait du pied à certains socialistes et a collé Richeville Marvilliers à la Culture. On a pensé qu’enfin ça allait marcher. Tu parles !

Il y a pourtant trois structures de belle taille : un ancien temple sectaire, chemin Boulaki, racheté à grands frais ; Pierrefonds d’où on a viré Talipot (une honte) ; et les salles Alpha qui servent une fois par an pour le Ciné Jeunes (organisé par des structures indépendantes du pouvoir municipal). L’ancien tribunal, qui devait être retapé pour réaliser une petite salle de concerts (jazz, classique…) est toujours l’abandon.

Les trois grosses structures ne fonctionnent pas. En réalité, qu’est-ce qui fonctionne, dans la commune du Sud ? La Médiathèque, très animée par l’équipe Koo Sin Lin ; l’école municipale de musique (une affaire de passionnés, donc ça marche) ; et le Conservatoire mais il dépend de la Région.

La commune, en fait, fonctionne par "coups" culturels médiatiques. Le Sakifo, par exemple, une excellente affaire, mais qui tient à l’action de deux hommes seulement ou presque. Voici qu’après cette récupération voyante, une autre est en cours, le Grand Raid. Puisque cette manifestation sportive de haut niveau est entrée dans notre patrimoine, accordons-lui bien volontiers le qualificatif culturel.

On conviendra qu’il n’y a vraiment pas de quoi employer 200 personnes. Il n’y a même pas besoin de directeur non plus puisque ce dernier a été placardisé ainsi que je le disais ci-dessus. Que fait-il ? Il étudie les demandes d’emploi arrivant par centaines chaque mois ! Drôle de façon d’utiliser le savoir-faire d’un homme très hautement qualifié, qui connaît son monde culturel sur le bout des doigts, est incollable en littérature ou cinéma, et possède l’histoire réunionnaise dans ses moindres détails. C’est sans doute ce que le maire appelle l’optimisation des compétences ?

Le 1er septembre, ce directeur, le grand Al Ramalingom, quitte son poste, ayant trouvé mieux à s’employer dans le Sud, un rôle à la hauteur de ce qu’il sait faire. Après avoir viré Pelen, Moucazambo, François Folio, la Culture saint-pierroise voit sans chagrin partir un Ramalingom, pourtant unanimement salué par ses pairs, un des fonctionnaires territoriaux les plus respectés et des plus compétents.

Ah ! évidemment, il a l’échine rétive et ne fait pas assez de courbettes devant ceux pour qui culture devrait s’écrire avec un "k"… comme kalachnikov ? ou krétyn ?

Jules Bénard

 

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